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Bourbon: la pression monte avec la baisse du pétrole
Les nuages s'amoncellent pour Bourbon, à l'instar des nombreux autres acteurs des services pétroliers. Le titre a déjà perdu 25% depuis l'OPA réalisée en juin dernier par Jaccar, le holding du président-fondateur du groupe, Jacques de Chateauvieux. Mais les contretemps liés à la baisse du prix du pétrole et au report de projets d'explorations par les majors pétrolières ne font que commencer, ce qui suscite des inquiétudes sur le modèle du groupe mais aussi l'évolution de sa dette.
Le prestataire des services offshore a déjà commencé à subir les premiers effets de la chute du baril, qui a perdu 56% depuis l'été dernier, sur son activité. Au troisième trimestre, Bourbon a enregistré une baisse de 3,5% du taux d'utilisation de ses navires, en raison des risques de surcapacités mais aussi des réductions de coûts de la part des compagnies pétrolières, qui ajournent les projets d'exploration, plus coûteux et risqués que la production.
Ce décalage entre offre et demande devrait également conduire à des réévaluations de tarifs. "Total est le principal client de Bourbon en Afrique de l'Ouest (continent qui représente près de 60% des revenus de Bourbon, ndlr) et a récemment déclaré qu'il allait renégocier les tarifs avec ses contractants", relevait déjà Natixis en novembre. L'impact sera donc décalé mais inévitable, comme l'anticipe Oddo: "Au cours des prochains trimestres, Bourbon devra faire face à une dégradation des conditions de marché avec le renouvellement de contrats dans de moins bonnes conditions entre autres tarifaires". Le groupe bénéficie de contrats d'une durée de deux à trois ans et n'avait subi la crise de 2008-2009 qu'à partir de 2010, donc il y a toutes les chances de penser que d'autres mauvaises performances sont à venir.
Ceci pourrait être très dommageable pour la société qui, depuis début 2013, a décidé de se lancer dans un nouveau modèle moins capitalistique: vendre ses navires et les louer en "coque-nue", afin d'assainir son bilan et d'améliorer le rendement de ses fonds propres. L'objectif était de réaliser 2,5 milliards de dollars de cessions d'ici à 2015, soit une dette ramenée à moins de deux fois l'Ebitda, et à ce jour, quelque 1,8 milliard de dollars d'opérations ont été annoncées. Selon Oddo, la société pourrait donc réduire sa dette nette à 500 millions d'euros à fin 2015, contre 1,7 milliard à fin 2013. Un objectif essentiel, étant donné que Bourbon doit affronter les coûts liés à la livraison de 44 navires en 2014 et 12 autres prévus cette année. Ces frais de location auront néanmoins un impact négatif sur la rentabilité du groupe, dont le résultat net est déjà tombé dans le rouge au premier semestre 2014.
Le management a anticipé cette détérioration globale, et révisé ses prévisions 2015 avec un chiffre d'affaires en hausse de 8%, contre 8 à 10% auparavant, et une marge opérationnelle au moins stable. Mais le pétrole cotait encore autour de 80 dollars, et a depuis perdu plus de 40%! Certes, la remontée du dollar, devise dans laquelle Bourbon libelle 70% de ses facturations, est une bonne nouvelle. Mais la capacité du groupe à faire face à un pétrole durablement bas, tout en maîtrisant la trajectoire de sa dette, sera scrutée de près par les investisseurs et les banquiers, qui attendent de pied ferme un plan stratégique qui a déjà été reporté de plusieurs mois.
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