Eurazeo, la plateforme private equity 2.0
De vieilles connaissances peuvent devenir les partenaires de demain. C’est ce qui s’est produit entre Patrick Sayer et Virginie Morgon chez Eurazeo d’un côté, et Christophe Bavière et Benoist Grossmann de l’autre. Après avoir organisé leur spin-off d’Allianz en 2010, lorsque l’Idi a pris la majorité du capital de la société de gestion, ces deux derniers songeaient depuis plusieurs mois à la suite. Idinvest Partners est devenu un acteur incontournable du venture et a développé une expertise précieuse en dette privée et fonds de fonds, des niches qui ont attiré de nombreux candidats, dont Amundi et Natixis. Mais alors que le groupe collaborait de longue date avec Eurazeo – il a notamment investi aux côtés d’Eurazeo Croissance dans Vestiaire Collective et a participé au financement de C2S et Smile chez Eurazeo Patrimoine et PME – l’opportunité d’une union s’est faite jour.
"Le rapprochement avec Idinvest n'est pas seulement la conséquence d'intérêts convergents, mais de relations établies de longue date et de valeurs partagées", explique Olivier Millet, président du directoire d’Eurazeo PME. Ce dernier fait valoir le succès de l’intégration de son groupe Ofi Private Equity chez Eurazeo, où les enjeux financiers n’étaient certes pas les mêmes puisque le groupe pesait 100 millions d’euros, contre près de 7 milliards d’euros pour Idinvest. Mais le succès a été au rendez-vous : Eurazeo PME gère désormais 1,3 milliard d’euros et a gardé une indépendance opérationnelle. Même objectif pour Idinvest : « Idinvest restera bien autonome dans son fonctionnement. C’est fondamental pour les clients d’Idinvest. Nous devons fonctionner de manière agile et non monolithique », préconise Olivier Millet.
Cet adossement devrait également permettre au groupe de développer sa présence en Europe, terrain de jeu essentiel dans le venture et la dette privée. Eurazeo et Idinvest Partners ont vocation à allier leurs moyens en Allemagne, en Espagne ou encore en Italie, tout en gardant cette précieuse autonomie de fonctionnement. La présence d’Eurazeo aux Etats-Unis - depuis l’ouverture de son bureau à New York et le rachat de 30% de Rhone Group - ou encore en Chine sera également un atout pour convaincre des investisseurs étrangers d’allouer leurs capitaux à chacune des activités du groupe.
Mais surtout, Eurazeo apporte ici une réponse de long terme aux besoins d’investisseurs plus matures dans le non coté. « De plus en plus de capitaux vont s’investir dans le private equity, donc il faudra des organisations capables de les placer dans des métiers complémentaires », analyse Olivier Millet. Qui ajoute : « Nous nous équipons pour apporter des solutions à tous types d’entreprises, à tous leurs stades de développement et pour tous leurs besoins de financement ». D’un métier purement transactionnel, le private equity a évolué et ses acteurs doivent fournir des plateformes capables de répondre d’un côté aux besoins d’allocation des investisseurs, et de l’autre aux besoins de financement des entreprises. C'est ce qu'on déjà fait les mastodontes américains du non coté comme Blackstone, KKR etc, aux métiers très diversifiés. Eurazeo, qui les côtoie désormais de près avec un bureau sur la 5ème Avenue - où la future présidente Virginie Morgon est basée la moitié du temps - va lui aussi offrir une plateforme 2.0 à ses Limited Partners.
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