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La fusion Comcast-Time Warner sur le point de tomber à l’eau

Après un entretien difficile avec la FCC, les numéros un et deux du câble aux Etats-Unis devraient annuler leur  fusion à 45 milliards de dollars. Une mauvaise nouvelle pour les banques conseils, mais une victoire pour leurs concurrents.
COMCAST
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Quatorze mois après l’annonce de la plus grosse fusion de 2014, l’accumulation des nuages au-dessus du mariage entre Comcast-Time Warner, pour 45 milliards de dollars, semble avoir eu gain de cause auprès de ses protagonistes. Selon plusieurs sources concordantes, les premier et deuxième acteurs américains du câble seraient sur le point d’annuler leur alliance à 45,2 milliards de dollars.

Dès l’officialisation de ce projet en avril 2014, de nombreuses voix dissonantes se sont fait entendre pour dénoncer la création de ce géant. Il faut dire que le nouveau groupe aurait eu une part de marché de 30% sur la télévision payante et surtout de 57% sur l’Internet à très haut débit (supérieur à 25Mb/seconde). Les concurrents comme Charter Communications, Time Warner, Walt Disney et 21 Century Fox ont tous critiqué en public ou en privé -auprès du régulateur- ce projet, qui selon eux offre à la nouvelle entité une position dominante. Le sujet est devenu encore plus épineux lorsque le Congrès a adopté la neutralité d’Internet, une série de lois veillant à assurer l’accès et la libre circulation sur la Toile.

Pourtant, les acteurs de l’opération n’ont rencontré le régulateur américain du secteur, la FCC (Federal Communications Commission), que mercredi dernier pour exposer leur projet. Et les choses n’ont fait que se compliquer : selon le Wall Street Journal, l’institution avait recommandé une audition complète sur ce deal, une manière de montrer sa réticence et de rendre l’opération encore plus difficile à aboutir. Une décision qui aurait incité Comcast à retirer son projet.

Car au-delà du seul aspect réglementaire, Comcast a une bonne raison de changer d’avis : aucun frais en cas d’échec du deal n’a été conclu entre les parties, si bien qu’il peut y renoncer sans trop de dégâts financiers, si ce n’est les longs mois de lobbying auprès des autorités. Du côté des banques d'affaires en revanche, le manque à gagner atteint 350 millions de dollars, dont 180 millions pour le deal lui-même qui était intermédié par sept conseils, et 170 millions pour les opérations qui y sont conditionnées.

Car la plus importante transaction médias-télécoms de l’histoire est en effet liée à deux autres d’envergure. Leur concurrent direct Charter s’est engagé à reprendre un portefeuille de 3 millions de clients pour 7,3 milliards de dollars, et a de son côté offert 10,4 milliards de dollars pour reprendre Bright House Networks, le sixième câblo-opérateur du pays, à la fin du mois dernier. Mais la société, quatrième acteur américain du segment, n’a jamais fait mystère de son intérêt pour Time Warner et pourrait bien tenter sa chance une fois que la fusion Comcast-Time Warner sera officiellement compromise.

Car les grandes manoeuvres se multiplient dans un secteur en pleine consolidation. Les foyers américains se détournent de plus en plus de la télévision payante au profit d’une offre de services Internet, comme Netflix. Pour s’adapter à cette nouvelle donne, les plus grands acteurs s’allient mais le régulateur est plus vigilant que jamais. En 2011, AT&T et T-Mobile avaient décidé d’annuler une fusion à 39 milliards de dollars juste avant que la FCC n’ouvre, là encore, une audition. Le premier a néanmoins bien rebondi depuis : il a annoncé une fusion de 48 milliards de dollars avec DirecTV en mai 2014, qui semble bien mieux acceptée par le régulateur.


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