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Les valeurs pétrolières au tapis : les perdants et les gagnants

Les mastodontes pétroliers européens décrochent ce vendredi. Premières pondérations dans leur indice de référence, ils poussent également les Bourses européennes dans le rouge. Pendant ce temps, d'autres secteurs se frottent les mains.
Puits de pétrole
Puits de pétrole

La chute des prix du baril de pétrole n’en finit pas d’alarmer économistes et professionnels. Là où la hausse fulgurante des cours de l’or noir mettait en péril les équilibres macro-économiques de la planète, on constate aujourd’hui qu’une baisse trop marquée est tout autant préoccupante. Mais pas pour les mêmes raisons, bien sûr. On en a ce vendredi la parfaite illustration : les annonces faites par l’OPEP hier, poussent toutes les valeurs pétrolières européennes au tapis. Que ce soit Total, ENI, Royal Dutch Shell, BP ou Statoil, elles perdent toutes entre 3% et 5%. Avec cette particularité pénalisante : ces mastodontes constituent quasiment toujours les premières capitalisations boursières de leur pays et sont, à ce titre, les plus influentes au sein de leur indice respectif lorsque celui-ci est pondéré (à la différence du Dow Jones). D’où la baisse généralisée des indices boursiers européens en cette fin de semaine.

« Les marchés réagissent de façon excessive et avec un certain retard puisque cela faisait déjà un bon moment que les prix du pétrole baissaient », note David Desolneux, directeur de la gestion chez KBL Richelieu. Et de fait, au-delà de la major pétrolière française, ce sont toutes les valeurs pétrolières et gazières qui piquent du nez ce matin, que ce soit Technip, CGG, Maurel et Prom ou Vallourec. Il faut dire que la décision de l’OPEP de maintenir ses quotas va avoir de lourdes conséquences sur le niveau des investissements engagés par ces entreprises et par ricochet sur leur rentabilité. Selon les calculs réalisés par le gérant de KBL Richelieu, le profit de Royal Dutch Shell devrait ainsi être réduit de…45% sur la base actuelle des cours du pétrole. Les opérateurs sont d’autant plus désorientés que le brut valait encore 110 dollars le baril au début de l’année et que rien laissait présager un tel reflux.

Si les investisseurs voient aujourd’hui la bouteille à moitié vide, il faut aussi regarder celle à moitié pleine. Car cette chute des prix de l’or noir est parallèlement une excellente nouvelle pour de nombreux secteurs. A commencer par celui des compagnies aériennes assurées de voir leur facture de kérosène sensiblement réduite. Tout comme les entreprises de transport mais aussi de chimie, grosses consommatrices de produits dérivés du pétrole. A plus long terme, une baisse des prix de l’essence va également doper le pouvoir d’achat des consommateurs qui pourront répercuter cette économie sur des biens de consommation.

« Cette chute du pétrole constitue une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie mondiale et plus particulièrement les pays asiatiques, Chine ou Indonésie en tête. Cette évolution devrait en effet nous faire gagner quelques points de croissance en plus, soit une aubaine par les temps qui courent », assure également David Desolneux. Pour qui les Etats-Unis sont eux aussi aux premières loges pour bénéficier de cette nouvelle donne, même si ceux-ci organisent depuis de nombreux mois leur indépendance énergétique avec le développement du gaz de schiste. A voir maintenant comment va se comporter Exxon à New York. Le géant pétrolier américain est lui aussi confronté depuis de nombreux mois aux nouveaux enjeux énergétiques de son pays et a reconfiguré tant son enveloppe d’investissements que celle de sa division recherche et développements. Vu l’orientation des cours, des coûts d’extraction à 120 dollars ne sont plus supportables.

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