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Orange veut sa part du gâteau iranien
D’après le Wall Street Journal, l’opérateur français envisage d'acquérir une part du capital de MCI, mais il n’en est qu’au premier stade des pourparlers en vue d’un accord de coopération commerciale et technique avec l'entreprise iranienne. Comme d'autres compagnies de télécoms internationales, le Français étudie « la faisabilité de ce qui serait possible en relation avec les sanctions économiques » toujours en vigueur. Cet investissement, s’il se réalise, serait une première depuis la levée de l’embargo économique contre l’Iran en janvier dernier.
La première difficulté réside dans la réticence des banques occidentales à retourner sur ce marché. Des sociétés comme Crédit Agricole ou BNP Paribas hésitent clairement à s’engager, gardant un cuisant souvenir des amendes de la SEC et la justice américaine pour violation de l’embargo US.
Si les sanctions internationales ont été levées après conclusion d’un accord sur le nucléaire l’été 2015, les entreprises et investisseurs étrangers rencontrent de sérieux obstacles, y compris parmi les Gardiens de la Révolution qui contrôlent de fait une bonne part de l’économie du pays. Ils sont indirectement actionnaires de MCI, et restent inscrits par ailleurs sur la liste américaine des organisations terroristes internationales, avec lesquelles tout contact officiel est prohibé. Un ballet diplomatico-économique a commencé en direction de Téhéran, et les Français sont du lot, avec les Américains, les Japonais ou les Allemands, parmi d’autres.
De son côté, l’opérateur de téléphonie fixe en Iran, TCI, a signé un accord de coopération (MoU) en mai dernier avec l’opérateur télécoms sud-coréen KT pour moderniser ses capacités en traitement de données. Le débit du réseau devrait augmenter de 4 à 120 térabits par seconde, d’après l’entreprise iranienne.
Par ailleurs, la France serait partante pour moderniser le système d’irrigation du lac Ouroumieh, le plus grand lac salé du pays, en voie d’assèchement rapide, selon l’agence iranienne d’information IRNA. Le lac a perdu 80% de sa surface en dix ans. Sauver ce site touristique, réserve naturelle proche de la frontière turque, figurait parmi les engagements de campagne du président Hassan Rouhani. Cette éventualité a été évoquée lors du voyage cette semaine de la ministre de l’Environnement Ségolène Royal en Iran, et le marché pourrait intéresser les spécialistes français du traitement des eaux. « Nous allons construire des partenariats dans les domaines de l'eau, de l’efficacité énergétique et de la pollution de l'air", a résumé la ministre. Mme Royal était accompagnée dans ce déplacement par Jean-Louis Chaussade, le patron de Suez, Gérard Mestrallet, président d’Engie, Jean-François Nogrette, directeur général de Veolia Water Technologies, et Patrick Benichou, président de Météo France.
D’après l’assureur-crédit Euler Hermes, cité par Le Monde, l’ouverture de ce marché de 80 millions d’habitants pourrait rapporter 1,3 milliard d’euros en exportations supplémentaires sur les deux prochaines années aux entreprises hexagonales.
La France et l’Iran conservent des liens anciens dans le domaine de l’automobile, la marque Saipa, société anonyme iranienne de production automobile, était en 1966 filiale de Citroën. Une mission du Sénat notait en 2013 que les capacités de production iraniennes, autour de 2 millions de véhicules, ne tournaient qu’à 25 ou 30%. Le constructeur Iran Khodro a collaboré jusqu'en 2012 avec Peugeot pour fabriquer ses modèles 206 et 405. PSA a cessé ensuite d'exporter vers l'Iran, mais les producteurs iraniens ont continué à assembler sur place des véhicules badgés Peugeot, avec des pièces importées de Chine, comme la 206 produite par Iran Khodro. Les constructeurs français représentaient il y a cinq ans entre 35 et 40% des ventes. Renault reste le principal groupe automobile visible sur place avec encore 90 000 voitures produites en 2012, avant d'arrêter sa production en juillet 2013 tout en maintenant quelques activités. Le Français possède en JV avec des locaux, deux filiales employant environ 200 salariés.
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