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Les taux bas de la BCE ne provoquent pas d’euphorie sur le crédit

Lors de sa réunion du 8 décembre dernier, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a pointé l’accélération modérée de la croissance en Europe. Si les conditions de financements restent très avantageuses, le volume des crédits progresse peu.
BCE - siège - euros
BCE - siège - euros

La reprise économique dans la zone euro n’a pas provoqué d’emballement au sein du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. Ainsi, dans le compte-rendu publié en début d’après-midi, une majorité des participants à la réunion a choisi une extension du “programme de rachat de neuf mois à fin décembre 2017 à un rythme mensuel de 60 milliards d'euros” plutôt que de “poursuivre les achats au rythme mensuel actuel de 80 milliards d'euros pour six mois de plus”. Ce choix s’explique pour des raisons finalement plus techniques qui évitent de modifier la conception du quantitative easing (QE) comme cela aurait dû être le cas avec la première version. Par ailleurs, “les deux changements de paramètres seraient suffisants et pourraient offrir plus de marge de manœuvre”, peut-on lire dans le rapport. Ainsi, cette décision “serait compatible avec le rythme progressif de la reprise”. La décision offre surtout la possibilité de remonter à 80 milliards d’euros par mois si d’aventure le rythme de la croissance venait à se calmer.

Le rachat des dettes souveraines par la BCE s’effectue d’ailleurs dans un contexte particulier. Outre que les rendements sont “inférieurs au seuil de la facilité de dépôts”, et que les taux à 10 ans américains et allemands sont séparés par “200 points de base”, la BCE a dû gérer une diminution des liquidités alors même que “les rendements à plus long terme dans la zone euro ont augmenté”. Ainsi, “les volumes de négociation ont été très bas et ont encore diminué, constatait début décembre la Banque centrale européenne. Les rendements des emprunts d'État allemands et les écarts de rendement des obligations souveraines intra-zone euro par rapport à l'Allemagne ont affiché une forte volatilité depuis les élections américaines.” Il faut dire qu’il y a une pénurie d’obligations allemandes. Mais tout cela ne remet en cause la mise en oeuvre du QE.

En tout cas, la BCE ne compte pas s’arrêter là : “les mesures de l'inflation sous-jacente n'ont pas encore donné de signes clairs sur le renforcement de la dynamique”. Il n’y a donc pas de raisons de changer de cap surtout que le financement de l’économie par le crédit progresse peu. “Le taux de variation annuel des prêts aux sociétés non financières est passé de 2,0% en septembre à 2,1% en octobre 2016, indique la BCE. Le taux de croissance annuel des prêts aux ménages est resté inchangé à 1,8%.”

Les taux bas ne sont pourtant pas sans effet. Pour la BCE, “les conditions favorables du crédit bancaire ont continué de contribuer à la reprise progressive de l'économie de la zone euro et les taux des prêts bancaires dans la zone euro ont encore convergé. En outre, le coût des emprunts bancaires des sociétés non financières et des ménages pour l'achat de logements a diminué en octobre 2016, se situant à des niveaux très bas ». Les PME continuent quant à elle à retrouver des ressources financières et les banques sont désormais plus ouvertes pour prêter à des taux bas.

Reste que “la reprise dans la zone euro se poursuit à un rythme modéré, tout en raffermissant quelque peu, estiment les gouverneurs. Il a été souligné que les politiques budgétaires devraient également soutenir la reprise économique tout en respectant les règles fiscales de l'Union européenne”. Une position qui peut aussi s’expliquer par le fait que les investisseurs attendent beaucoup moins des effets de la politique monétaire et bien plus des Etats. Mais là, ce sont les urnes en Italie, aux Pays-Bas, en France et en Allemagne qui fixeront le cap à prendre en relais aux choix de la BCE.

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