Le bon CV de Clamadieu
Rhodia, que dirige Jean-Pierre Clamadieu, publie ce matin des résultats meilleurs que prévu. Un atout pour accéder à la tête d'Areva.
Ce n'est un secret pour personne que Jean-Pierre Clamadieu, le patron de Rhodia, a le profil idéal pour remplacer Anne Lauvergeon à la présidence du directoire d'Areva. Ce n'est un secret pour personne que Jean-Cyril Spinetta, le président du conseil de surveillance d'Areva, l'a rencontré récemment pour savoir quelles sont ses intentions. Ce n'est enfin un secret pour personne que cet X-Mines, très soutenu par une partie de son corps d'origine, est prêt à diriger une entreprise autonome et non un satellite d'EDF. Ce qu'elle a commencé à devenir après le conseil de politique nucléaire de lundi.
Autant dire que Jean-Pierre Clamadieu pourrait bien rester encore quelque temps chez Rhodia. Et c'est tant mieux pour les actionnaires de ce groupe qui exerce son activité dans la chimie de spécialités, et qui a enregistré l'an passé un résultat opérationnel de 905 millions d'euros, des volumes de ventes en croissance de 14% et un résultat net record de 259 millions d'euros, qui autorise la distribution d'un dividende multiplié par deux à 0,50 euros. Bref, un bilan parfait enjolivé par un cash flow disponible de 240 millions d'euros.
Surtout Jean-Pierre Clamadieu n'a pas fini son travail de redressement de Rhodia. Bien sûr Rhodia a tiré un trait sur ses années sombres de l'après-Tirouflet, même si ses fonds propres sont encore négatifs. Bien sûr le groupe a vu son titre rebondir de plus de 60 % en un an. Mais le président de la commission développement durable du Medef ne veut pas s'arrêter là. Il veut voir le résultat opérationnel de Rhodia s'intaller au-dessus de un milliard d'euros à l'horizon 2013-2015. Dès 2011, l'Ebitda de Rhodia pourrait dépasser selon nous le milliard, mais grâce à 150 millions tirés des crédits carbone. Comme le sort réservé à ce mécanisme de compensation est plus qu'incertain, Jean-Pierre Clamadieu a souhaité que Rhodia puisse ne pas en tenir compte. Ce qui devrait être le cas dans deux ans, si le groupe enregistre un taux de croissance de 10 %, ou dans quatre ans, si le taux de croissance n'est que de 5 %.
Pour l'heure chez Rhodia, le mot d'ordre est justement la croissance. Organique, avec la création de nouveaux sites industriels. Par l'innovation, où beaucoup reste à faire dans le domaine de la chimie de spécialités. Et bien sûr par la croissance externe, aussi bien dans les pays émergents qu'en Europe ou en Amérique du Nord. Jean-Pierre Clamadieu ne doute pas des opportunités. Et il serait "déçu" si, dans un an, le périmètre de Rhodia restait inchangé. C'est dire à quel point sa démarche s'inscrit davantage dans la logique du développeur de Rhodia, que du dépeceur d'Areva.
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17/09/2021 - 10:31

