Régulation / Concurrence / Régulation
Régulation / Concurrence
Régulation
Bâle 4 : les Allemands prêts à capituler
Les esprits commencent à s’échauffer face à la stagnation des négociations de Bâle 4. Ce matin, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann indiquait lors d’une conférence précédent celle des ministres des Finances du G20 qu’« une reprise rapide des négociations serait dans l'intérêt de tous, notamment parce que les incertitudes réglementaires provoquées par le report de Bâle 3 constituent sans aucun doute un fardeau pour les banques ». Et pour cause ! La dernière fois que le Comité de Bâle s’est réuni pour essayer d’arriver à un compromis sur les accords du dernier pilier de Bâle 3 (dit Bâle 4) c'était en novembre dernier. En janvier, une réunion cruciale du Comité a été annulée et repoussée sine die. Depuis, tout semble au point mort. Mais les choses pourraient bientôt évoluer, les premiers opposants au principe de plancher d’exigence de fonds propres dans le cas de certains risques ayant fait un pas vers un apaisement des négociations.
En effet, les Allemands, par la voix de Felix Hufeld, le président de la Bafin ont fait savoir ce matin, qu’ils étaient en passe de revenir sur leurs positions. En tout cas, « nous sommes prêts à un compromis » a indiqué le président de l’autorité de régulation financière. Ils seraient même prêts à signer pour la mise en place des planchers « si cela ne compromet pas le principe de sensibilité au risque, que nous considérons comme absolument fondamental pour une bonne réglementation et supervision », a continué Felix Hufeld. Une avancée majeure qui peut s’assimiler à une capitulation car avec ce système de plancher, les banques allemandes feront parties des plus impactées. En effet, le Comité de Bâle réclame un plancher de 75% des actifs pondérés par le risque (RWA). Or, les banques allemandes verraient leurs besoins en fonds propres augmenter d’au moins 5% et jusqu’à 20% pour quelques-unes d'entre elles.
Dans la même logique, Andreas Dombret, membre du comité exécutif de la Bundesbank a lui aussi confirmé cette nouvelle position de l’Allemagne exigeant ainsi d’aller de l’avant sur ce dossier pour arriver à travailler ensemble à un objectif commun. Mais même si le principe du plancher est désormais acquis outre-Rhin, « dans les négociations, nous allons continuer à insister pour qu’il n’y ait pas un output floor trop élevé », a-t-il ajouté. Mais beaucoup d’inconnues demeurent dans ce dossier. D’une part, les Allemands n’étaient pas les seuls opposants au principe du plancher, la France étant aussi largement concernée. Par ailleurs, la volonté de Donald Trump de déréguler le système bancaire pourrait handicaper le Comité de Bâle. Pour l’heure, et c’est la première question qui se pose : quand reprendront les négociations au sein du Comité ?
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

