La presse autrichienne consciente de l'enjeu de son triple A
Standard & Poor's a confirmé la note de plusieurs Etats de la république fédérale, qui doit voter une règle d'or constitutionnelle début décembre... malgré les résistances politiques.
Depuis plusieurs jours, l'Autriche s'inquiétait d'une éventuelle perte de son triple A. "Les banques autrichiennes ont investi beaucoup d'argent en Europe de l'est, dans les Balkans et en Italie", explique ainsi le site Relevant.at. Une situation qui préoccupait la presse autrichienne, alors que l'agence Moody's a passé plusieurs jours à examiner les comptes du pays.
Mais "la ministre des Finances autrichienne Maria Fekter, (ÖVP) ne prévoit, après des échanges avec l'agence de notation Moody's, pas de dégradation de la note de la République alpine", relate l'agence Reuters, mardi. Les échanges avec les experts se seraient "très bien déroulés", a précisé la dirigeante, qui ne s'attend, du coup, "à aucune modification de la situation actuelle". Le couperet tombera d'ici la fin de la semaine prochaine au plus tard.
Côté Standard & Poor's aussi, les premiers éléments se veulent rassurants. "Quatre des neuf Etats autrichiens ont reçu la meilleure note", note la Wirtschaftsblatt, ce mercredi. Sachant que parmi les Etats-régions, deux, Voralberg et Salzburg, "ont refusé d'avoir une notation extérieure".
L'Autriche peut donc souffler sur la notation. En partie grâce à l'annonce de l'instauration dans la constitution d'une règle d'or qui vise à mettre un frein à l'endettement du pays. Même si, prévient le Standard, "le frein aux dettes n'est pas encore fixé" et produit même des tensions politiques. "La résistance augmente, pas seulement venant de l'opposition, mais aussi au sein même des partis au pouvoir", souligne le Salzburger Nachrichten. La décision devrait être prise le 6 ou le 7 décembre, prévient le Kurier, à condition "qu'un troisième parti rejoigne la coalition", afin d'obtenir le vote au deux tiers nécessaire à une modification constitutionnelle. Sans l'opposition, le projet deviendrait une "simple loi".
"La pression sur le gouvernement est importante pour réunir une majorité constitutionnelle : il ne s'agit pas seulement d'un signal galvaudé aux marchés. C'est aussi important, car sinon, les Länder ne seraient pas tenus en laisse", explique le Kurier.
Pourtant dans les Etats, on estime qu' "il ne faut pas s'endormir sur son triple A, mais qu'on doit continuer à travailler à la stabilisation des dettes", concède le délégué aux Finances du conseil du Tirol, Christian Switak, à la Wirtschaftsblatt. Même son de cloche pour l'éditorialiste du journal, Hans Pleininger, qui estime que "notre montagne de dettes est telle que nous pourrions organiser des courses de ski dessus".
"La crise est passée : l'Autriche a conservé la meilleure note - le triple A. Merci au Dieu du ciel de la notation [...] La crise est passée, retournons au quotidien", poursuit, ironique, l'éditorialiste. Mais il tire quand même la sonnette d'alarme plus loin : "Une bonne notation n'est pas un oreiller sur lequel on peut se reposer et continuer à produire des dettes. [...] Nos dettes doivent diminuer - et maintenant, si nous ne voulons pas offenser la génération prochaine et la suivante ".
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi

