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Macro-économie / Taux
Sur les marchés / Dette obligataire

Les dettes arrivant à maturité au sommet

Après une période de levée de fonds dynamique, près de 10 300 milliards de dollars arriveront à maturité entre 2016 et 2021. La majorité est classée en catégorie Investment Grade et les Etats-Unis disposent d’un stock de 4630 milliards. L’incertitude subsiste sur l’année 2017 après le Brexit et l’environnement de taux bas.
Salle de marché
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Le marché de la dette se comporte bien depuis plusieurs années. Nombreuses sont les entreprises à venir se financer sur ce marché, qui offre des conditions de crédit très avantageuses pour les émetteurs, trouvant là un bon moyen de refinancer leurs dettes à moindre coût. Le marché a commencé à se tarir l’an dernier mais avec un tel engouement ces dernières années, les obligations d’entreprises arrivant à maturité dans les prochaines années, atteignent des sommets. Ainsi, l’agence de notation S&P estime que près de 10300 milliards de dollars de dettes d’entreprises arriveront à échéance d’ici 2021. Un montant en hausse de 4% par rapport aux estimations de l’agence de l’an dernier qui valorisait le stock de dette à 9900 milliards de dollars à échéance 2020, mais qui ne tenait pas compte du remboursement du secteur des Reits (foncières cotées). Ainsi, hors Reits, le montant de dette à maturité d’ici 2021 devrait atteindre tout de même 10240 milliards de dollars.

Sur ce montant, 74% (7680 milliards de dollars) sont dans la catégorie IG (Investment Grade, soit notées au dessus de BBB-), la plus large portion étant notée BBB (3100 milliards), suivie de celles notées A (2800 milliards). Un quart du montant estimé d’ici 2021 concerne des obligations de la catégorie spéculative. « Généralement, nous considérons cette catégorie comme ayant un risque de refinancement fort, spécialement dans un environnement de taux bas, ces entreprises ayant des mesures de crédits faibles, sont moins flexibles financièrement et disposent de moins d’argent », souligne l’étude. Par ailleurs, sur la deuxième partie de l’année 2016, près de 702 milliards de dollars arriveront à maturité dont 89% dans les Investment Grade-IG- (notées au-delà de BBB-). Ce montant devrait monter à 1900 milliards de dollars en 2017 et le pic devrait être atteint en 2020 avec 2100 milliards cette année-là.

Les entreprises américaines dominent largement le marché avec un total de 4630 milliards de dollars devant arriver à maturité d’ici 2021. L’Europe suit avec 3800 milliards de dollars au total mais la France arrive juste derrière les Etats-Unis avec « seulement » 308 milliards à maturité d’ici 2021. Les Etats-Unis disposent d’un fort stock de dettes spéculatives, bien supérieur à ce que l’on trouve en Europe, notamment lié aux différences à travers les régions des types de financement disponibles.

Sur la totalité des dettes arrivant à maturité d’ici 2021, 69% sont émises par des sociétés non financières, la plupart aux Etats-Unis et en Europe et 62% de ces obligations sont notées IG. Sur les marchés émergents, comme aux Etats-Unis, la part de titres obligataires non notés, faisant l’objet d’un placement privé, ne cesse d’augmenter. Par ailleurs, dans les émissions financières, l’Europe est le plus gros émetteur avec 49% du marché, la grande majorité de ces dettes arrivant à maturité en 2017, avec environ 1 milliard de dollars. Après cette date, le montant annuel devrait s’abaisser à 843 milliards en 2018 puis à 716 milliards en 2019. Ces émissions résultent du besoin de refinancement de beaucoup de banques après la crise.

En 2016, les émissions étaient en recul de 15% au premier trimestre et un peu plus actives au second trimestre, le marché de la dette ayant baissé de seulement 4% sur le premier semestre. Mais le reste de l’année risque d’être plus complexe étant donné les risques géopolitiques et la volatilité des marchés qui pourraient compliquer la tâche des émetteurs. L’année 2017 s’annonce quant à elle très incertaine. En effet, c’est désormais le Brexit qui mène la danse, puisque depuis le vote des Anglais pour sortir de l’Union européenne, un retour à la qualité s’est opéré vers les monnaies fortes comme le dollar et les dettes souveraines américaines, japonaises et allemandes. Une année pleine de challenges pour les futurs émetteurs.

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