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Doux, des poulets français envers et contre tout
Arnaud Marion, le manager de transition qui a repris les rênes du volailler Doux en mai 2012, quelques jours avant que celui-ci ne tombe en redressement judiciaire, peut avoir la satisfaction du travail bien fait. D&P, le holding de la famille Calmels spécialisée dans le retournement, qui avait pris une majorité de 52,5% du capital en novembre 2013 au terme de la période de redressement judiciaire, a signé un accord pour vendre sa part à deux coopératives françaises, Terrena accompagnée de Sofiprotéol.
C’est une sortie par le haut pour le groupe Doux, qui avait frôlé la liquidation judiciaire et déclenché la première bataille médiatique d’Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement Productif. Le fabricant de volailles avait certes dû renoncer à son pôle frais, ce qui avait provoqué la suppression de plus de 1000 emplois, mais a ensuite réussi à faire valider son plan de continuation au détriment des offres de reprise dont celle… de Sofiprotéol, accompagné de Terrena. A l’époque, Charles Doux avait vivement critiqué la candidature de la coopérative dirigée par Xavier Beulin, par ailleurs président de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), jugeant que cela risquait d’engendrer un mélange des genres.
Mais le patriarche, qui avait repris le groupe Doux des mains de son père en 1975 et œuvré à l’internationalisation pour en faire notamment le premier exportateur de volailles congelées vers le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, est décédé au mois de février dernier. Si la famille reste actionnaire à 22,5%, aux côtés du partenaire saoudien Almunajem qui a pris 25% du capital également au terme du redressement judiciaire, c’est l’actionnaire principal qui a cherché une porte de sortie favorable.
Cette fois-ci, c’est Terrena qui prend officiellement la main, peut-être aussi pour des raisons de communication car la coopérative agricole, qui génère 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, est davantage intéressée par l’activité du pôle élaboré en France, notamment la marque Père Dodu de produits panés. Or celle-ci va générer 100 millions d’euros de revenus en 2015, soit un quart seulement de l’ensemble du groupe Doux. L’activité export, qui doit générer 430 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année et affiche une part de marché de 30% en Arabie Saoudite, notamment grâce à son premier client actionnaire.
Doux, qui représente 20% de la production française de volailles avec un million de poulets par jour et 15% de l’exportation mondiale de poulets entiers, affiche désormais des perspectives réjouissantes. Malgré la disparition des aides européennes à l’export, il anticipe une hausse des volumes de 8 à 10% cette année et a attiré l’appétit d’acteurs étrangers qui visent la consolidation du secteur. Le groupe a finalement opté pour un scénario français avec une intégration verticale, en passant sous la coupe de ces deux coopératives. Un dénouement qui assure la pérennité du poulet Doux « made in France ».
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