Entreprises / Actions / Actualité des sociétés
Entreprises / Actions
Actualité des sociétés
Porté par l’immobilier, AccorHotels tourne la page d’une année entachée par le terrorisme
Sébastien Bazin a affronté nombre de vents contraires lors de sa carrière chez Colony Capital et ne compte pas se laisser dépasser par les tourments d’une France encore impactée par les attentats ou encore la concurrence protéiforme du type Airbnb. Lors de la publication des résultats annuels d’Accor, son P-dg a voulu souligner les points forts de l’exercice écoulé : "L'année 2015 affiche des performances remarquables qui traduisent des effets bénéfiques du plan de transformation avec de nouveaux records de performances", a-t-il souligné. Si le groupe hôtelier a ainsi vu son chiffre d’affaires grimper de 2,3% à 5,58 milliards d’euros, tandis que le résultat d’exploitation bondit quant à lui de 10,6% et le résultat net de 9,4% à 244 millions d’euros, tiré notamment par la gestion immobilière (HotelInvest). De quoi décider du versement d’un dividende de 1 euro par action, en légère hausse sur un an (0,95 euro en 2014).
Le pôle immobilier a ainsi bouclé une année riche et active, où le résultat d’exploitation a grimpé de 12,5% à 378 millions d’euros tandis que la rentabilité grimpe de 170 pb à 7,8%. Il a ainsi acquis un portefeuille de 43 hôtels auprès de Foncière des Régions pour 281 millions d’euros, trois portefeuilles hôteliers de 29 hôtels au total pour 284 millions d’euros, et a enfin accéléré la cadence en janvier, lorsqu’il a cédé 85 établissements européens à une joint-venture constituée avec Eurazeo, pour 504 millions d’euros. Sans compter bien sûr la grande acquisition de l’année, celle de FRHI (Raffles, Swissotel etc) dans la haut de gamme pour 2,9 milliards de dollars
Le bilan est plus mitigé pour l’activité services, qui malgré une hausse de 6,3% du chiffre d’affaires sur l’année, affiche un résultat d’exploitation en berne (-4,5%) en raison du coup d’arrêt de l’activité en France après les attentats de novembre (baisse de chiffre d’affaires de 6,6% au dernier trimestre) et de la récession économique au Brésil (-7,5% au dernier trimestre). Dans le détail, le revenu par chambre disponible a reculé de 4% et 7% en novembre et décembre en France, et même de 14% et 17% dans Paris intra-muros. Le directeur financier Jean-Jacques Morin n’a pas donné plus de précisions sur le début d’année 2016 mais a précisé que la visibilité était meilleure pour le deuxième trimestre.
Pour 2016 d’ailleurs, le groupe n’a pas donné d'anticipations chiffrées mais prévoit d’ « améliorer encore significativement nos performances opérationnelles et financières » et de finaliser le plan de transformation d’HotelInvest. A cet égard, Sébastien Bazin ne s’enferme pas dans un schéma préconçu : il a indiqué que le groupe n’accusait pas de décote à l’issue de cette transformation, il n’y aurait pas de raison de scinder les deux activités. Dans le cas contraire, « nous verrons ». Reste la question de la concurrence d’Airbnb, contre laquelle il s’est battu au niveau légal, si bien que la société américaine doit maintenant prélever des taxes de séjour en France. Mais le P-dg ne s’y trompe pas : "Il y a une vraie demande. La tendance va aller croissant et il est important de participer au mouvement". Et de porter le geste à la parole, puisqu’Accor a aussi annoncé ce matin avoir pris 49% de Squarebreak, une plateforme de location de villas haut de gamme en France, et 30% d’Oasis Collections, un acteur américain de location de résidences privées. De quoi compléter la plateforme de réservation ouverte aux hôteliers indépendants, qu’il avait lancée en juin dernier pour répliquer au géant Booking.
Cette réactivité face à la concurrence semble avoir séduit l’hôtelier chinois Jin Jiang, le nouveau propriéatire de Louvre Hotels, qui est monté récemment au capital d’Accor et en est devenu le premier actionnaire avec 6,05% du capital, devant Colony Capital (5,9%). A ce sujet, Sébastien Bazin s’est déclaré « ni craintif ni anxieux », se demandant simplement s’il allait en rester là. Le groupe doit également lancer une augmentation de capital réservée aux actionnaires qataris et saoudiens de FRHI, qui doivent prendre respectivement 10,5% et 5,8% du capital d’Accor. En attendant, les investisseurs ont salué les résultats et surtout l’activisme d’Accor, qui gagne 2,7% ce jeudi et ramène sa baisse à 11% depuis le début de l’année.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

