BNP Paribas, conseil du plus gros deal européen de sortie de LBO de l'année
La banque dirigée par Jean-Laurent Bonnafé a conseillé le Japonais Lixil dans le cadre du rachat de l'Allemand Grohe. Un deal entièrement étranger qui concrétise la volonté de la banque de développer ce type de transactions.
C'est le plus gros deal européen de sortie de LBO signé cette année : L'entreprise japonaise d'équipement domestique Lixil va prendre le contrôle du principal fabricant européen de sanitaires, l'allemand Grohe. La transaction atteint un peu plus de 3 milliards d'euros.
Les deux actionnaires de Grohe, le fonds d'investissement américain TPG et la filiale de capital-investissement de la banque helvète Credit Suisse, DLJ ont effectivement accepté l'offre du japonais. Celui-ci était conseillé par BNP Paribas qui a donc convaincu les propriétaires du fabricant de sanitaires d'opter pour son poulain. Un deal en préparation depuis deux ans et qui n'a pas manqué de rebondissements. Après avoir acquis Grohe en 2004 pour 1,5 milliard d'euros, les deux fonds de private equity souhaitaient sortir du dossier. Plusieurs candidats étaient en lice dont le Suisse Geberit ou le Brésilien Duratex. Surtout, TPG et DLJ pensaient éventuellement à une sortie en Bourse, de manière à valoriser au mieux leur participation.
Finalement, le Japonais Lixil a eu le dernier mot. Il faut dire que la perspective de vendre 100% de la société en cash et rapidement était plus avantageuse que de monter un dossier d'introduction en Bourse (qui prend beaucoup de temps) avec le risque de se retrouver dans un contexte de marché défavorable et de ne céder qu'une partie du capital, dans un premier temps.
La transaction représente le plus gros investissement jamais effectué en Allemagne par une entreprise japonaise. Combinées, les activités sanitaires des deux groupes nippon et allemand devraient générer plus de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an, plaçant Lixil en tête du secteur dans le monde devant son compatriote Toto.
Pour BNP Paribas, ce deal vient démontrer la capacité des financiers français à se placer sur des dossiers entièrement étrangers, avec deux parties n'ayant aucun lien avec la France. Un défi que souhaite relever nombre de banquiers d'affaires et de cabinets d'avocats spécialisés dans le conseil aux entreprises. Un impératif aisément compréhensible lorsque l'on regarde les statistiques des M&A, la part de la France se retrouvant de plus en plus diluée par rapport à celle des autres zones géographiques, y compris européennes.
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17/09/2021 - 10:31

