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Wendel, une maison branlante
La holding d'investissement cotée a publié des pertes record en 2009, et a payé cher son exposition à Saint-Gobain. Son endettement l'oblige à espérer de meilleurs jours pour ses participations.
Très exposé au secteur de la construction, Wendel a été confronté de la façon la plus violente à l'ouragan financier. Et la conclusion de ces résultats 2009 est que les fondations n'étaient pas si solides. La holding d'investissement cotée est passée dans le rouge, enregistrant des pertes abyssales de 808 millions d'euros en 2009.
Le principal responsable de cette déconfiture est bien identifié: Saint-Gobain. En prenant les commandes il y a presque un an, Frédéric Lemoine a hérité d'une dynastie vieille de trois siècles, et des casseroles qui vont avec. Surendetté, Wendel n'a pu participer totalement à l'augmentation de capital du spécialiste de la construction, et enregistré 782 millions d'euros de pertes de dilution. Saint-Gobain lui a également coûté 222 millions d'euros de charges d'intérêts, mais aussi 225 millions d'euros d'appels de marges.
De tous les côtés, c'est donc la dette qui grève les capacités d'action du groupe. S'il a travaillé à la réduire (de 1,1 milliard d'euros) et à repousser ses échéances l'an passé, Wendel n'est pas encore sorti de l'auberge: l'endettement total du groupe s'élève encore à 7,2 milliards d'euros. Et les tracas ne semblent pas terminés: la dette avec appels de marge, soit presque 3 milliards d'euros, a désormais une maturité de 4,5 ans. Cela reporte le problème du remboursement, mais augmente aussi les frais potentiels d'appels de marge.
Wendel a les même menottes que tous les pays surendettés: ses marges de manoeuvre sont anéanties par le poids d'un endettement qui le gangrène. D'autant que la menace d'un prochain krach obligataire pèse toujours. Le salut peut venir seul d'une reprise de ses participations, assez cycliques. L'actionnaire a déjà été généreux, en acceptant de réinjecter du cash chez Materis, Stahl (qui a provoqué l'ire de Carlyle) et bientôt chez Deutsch.
Grâce à ces coups de pouce et aux bonnes performances de Bureau Veritas et Stallergènes, Wendel a publié hier le doublement de son ANR, à 56,9 euros par action, soit presque 30 % au-dessus de son cours actuel. Reste à savoir si les investisseurs seront attirés par un dividende maintenu à 1 euro par action. Et s'ils accréditeront la méthode particulière du SPAC utilisée par Wendel en Allemagne, pour recommencer à investir sans débourser les liquidités qu'il n'a pas.
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