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Croissance : Hollande ravale sa fierté!

Le président a enfin reconnu que les prévisions de PIB pourraient être réévaluées rapidement, alors que le rapport de la Cour des Comptes est le dernier à estimer que l'objectif de déficit est trop ambitieux.
Depuis plusieurs mois déjà, l'ensemble des économistes et des institutions internationales avait revu les objectifs de croissance de l'Hexagone à la baisse, et prévoyait un PIB bien en deçà du chiffre annoncé par le gouvernement pour 2013. Les plus pessimistes anticipent une récession et les plus enjoués prévoient au maximum 0,4% de croissance cette année. Bien loin donc des 0,8% de l'équipe Hollande, qui avait pourtant jusqu'à présent refusé de se départir de ses ambitions. Le rapport de la Cour des Comptes publié ce matin est venu sonner l'alarme une nouvelle fois, qui estime que l'engagement d'un retour du déficit à 3% du PIB cette année et d'un PIB en hausse de 0,8% seraient très difficiles à tenir. Et cette fois-ci, le président a visiblement entendu le message. "Il ne sert à rien d'afficher des objectifs" en termes de croissance "s'ils ne peuvent pas être atteints", a-t-il déclaré lors d'un point presse avec l'ancien président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Le président a même avoué que l'objectif pourrait être révisé dans les prochains jours si cela était nécessaire. Une phrase que l'on aurait aimé entendre plus rapidement ! Selon la Cour des Comptes, la prévision de déficit de 3% est "très fragile". Les membres de l'institution rappellent tout d'abord que le Conseil de l'UE a recommandé à la France de réduire son déficit structurel de 4 points de PIB entre 2009 et 2013, et que la France s'y est engagée via son programme de stabilité de janvier 2010. "L'engagement peut être tenu" affirme la Cour, mais à condition que "l'évolution des dépenses publiques soit conforme aux objectifs du gouvernement ". Or, le freinage des dépenses publiques repose sur l'évolution des dépenses les moins directement soumises au contrôle de l'Etat, s'inquiète l'institution dirigée par Didier Migaud. Et de lister les principaux risques pesant sur les recettes. "Le scénario macroéconomique est fragile et l'élasticité des prélèvements obligatoires pourrait être plus faible que prévu. (...) Des incertitudes demeurent aussi sur le coût des contentieux fiscaux et le chiffrage des mesures fiscales nouvelles présente des aléas importants". La réalisation de l'objectif sera donc très dépendante du contexte économique et sera très difficile si celui-ci ne s'améliore pas. La Cour reconnaît tout de même l'effort structurel considérable engagé par le gouvernement. Mais, nuance-t-elle, celui-ci porte malheureusement trop peu sur les dépenses, 0,3 point seulement, contre 1,6 point pour les prélèvements obligatoires. Selon la Cour, la priorité absolue consistera donc à "accroître les réductions de coûts dans toutes les administrations publiques". Et ce, afin de "se rapprocher d'une stabilisation en volume des dépenses grâce à des gains de productivité et à une révision du contenu des missions." Dans sa réponse à la Cour des Comptes, le ministre de l'Economie a réaffirmé que l'objectif de déficit serait maintenu. "L'exécution 2012 du budget de l'Etat ne remet pas en cause l'objectif du déficit public de 3% en 2013 ". Mais il reconnaît tout de même que les incertitudes concernant les perspectives macros sont toujours nombreuses. "La prévision pour 2013 sera réévaluée dans le cadre de la préparation du programme de stabilité, qui sera transmis au Parlement à la mi-avril". Avouant, enfin, que son gouvernement s'est trompé.
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