Presse allemande : 55% des électeurs veulent restreindre l'adhésion à l'euro
Selon un sondage, une majorité d'allemands souhaite limiter la zone euro aux pays les plus proches économiquement de l'Allemagne. La chancelière plaide pour réduire les compétences de la Commission.
A l'approche des élections au Bundestag, dans deux semaines, le site Open Europe a commandé une série de sondages afin de cerner l'opinion de la population allemande, notamment sur la crise européenne. "Une majorité d'électeurs allemands s'accorde à dire que l'euro doit être réduit : interrogés sur l'adhésion future de l'Allemagne à l'euro, 55% des électeurs estiment que 'l'Allemagne doit garder l'euro mais l'adhésion doit être limitée à un groupe choisi de pays plus similaires', alors que seulement 34% d'entres eux ne sont pas d'accord avec cette option", explique Open Europe.
Le retour au Deutsch Mark n'est soutenu que par un tiers des votants. 30% des personnes interrogées se disent également pour la destruction totale de l'euro, 59% s'y opposent. Open Europe explique par ailleurs que "toute forme de nouveau soutien financier à la zone euro est rejeté par les électeurs". 52% sont contre et 35% pour. Dans la même idée, 57% de l'électorat allemand s'oppose à la réduction de la dette des pays du sud de la zone euro.
Des chiffres corroborés par une étude de la compagnie d'assurance R+V et citée par le Handelsblatt. La crise de l'euro est "la plus grande peur des Allemands", révèle le quotidien. "L'Allemagne va relativement bien économiquement. Pourtant, cela semble ne pas avoir d'incidence sur les esprits : selon une étude, les Allemands sont particulièrement inquiets financièrement".
De son côté, Angela Merkel consciente de l'euroscepticisme d'une partie de ses électeurs, tente de prendre un peu de distance avec les institutions européennes. Selon Bloomberg, elle a déclaré qu'elle serait "probablement prête à proposer le retour de certains pouvoirs de la Commission européenne aux capitales nationales et la rationalisation d'autres", après les élections du 22 septembre. Bloomberg cite Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière, qui a estimé que le rapatriement de pouvoirs était "une idée sensée" et que "si d'autres pays suivent cette ligne de pensée, l'Allemagne n'y serait pas opposée. "
Enfin, le Süddeutsche Zeitung aborde quant à lui le G-20, dans une tribune sur la régulation des banques. "Elles ont joué un rôle important dans le déclenchement de la crise financière, et pourtant continuent de pouvoir agir sans contrôle étatique : le problème décisif de la rencontre du G20 à St Petersburg est la régulation de la 'finance de l'ombre'. Mais en raison de la crise en Syrie, il ne reste plus de temps pour ce sujet, avait-on déjà prévenu avant le sommet. Mais il y a toujours des excuses. Les 20 principaux pays industrialisés et émergents du monde risquent de se rendre ridicules, à ne pas traiter des problèmes financiers", estime le quotidien. Le journaliste Ulrich Schäfer explique ainsi que le problème est repoussé à chaque fois, depuis cinq ans.
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17/09/2021 - 10:31

