Presse européenne : "La BCE devient un cheval de Troie"!
Les médias européens suivent la campagne pro-euro de Monti. La France et l'Italie préconisent de donner une licence bancaire au MES, ce à quoi s'opposent farouchement l'Allemagne et Jürgen Stark.
Si les débats sont lancés, "le train à grande vitesse de l'Europe se prend un mur et le noyau de force Hollande/Merkel affiche désormais deux visions opposées". A la pointe de l'alarmisme, le journal Die Welt accuse la Banque centrale européenne de devenir "un cheval de Troie" et explique les raisons indéniables pour lesquelles l'Allemagne rejette une action des fonds de sauvetage.
Le journal Süddeutsche Zeitung attribue les rôles, classe "la France et l'Italie parmi les défenseurs du système et le gouvernement allemand et la Bundesbank dans le groupe des opposants". Pour El Pais, "l'objectif de la tournée du chef d'Etat italien, Mario Monti, est d'accélérer les mouvements et de promouvoir la croissance. Mais la priorité est de convaincre l'Europe des accords conclus lors du sommet européen de juin". Le quotidien espagnol considère d'ailleurs "cette semaine comme la plus importante depuis le sommet de Bruxelles".
Cela justifie, ainsi, les nombreux détours du chef d'Etat italien qui, selon l'avis du quotidien national La Stampa, a eu raison de s'imposer. En effet, "il faudra franchir une montagne pour atteindre l'unanimité du plan Draghi", bien que ce dernier ait assuré le marché sur la radio italienne Rai Uno : "nous nous rapprochons de la fin du tunnel".
La question du rôle du MES fait encore débat en Europe. Selon le Süddeutsche Zeitung rappelle le programme d'aide aux pays en difficulté. "La France et l'Italie plaident pour que le MES soit équipé d'une licence bancaire qui lui donnerait une force de frappe quasi-illimitée en empruntant auprès de la BCE". Cela signifie que les Etats seraient financés indirectement par la Banque centrale européenne. Le quotidien peut alors faire prévaloir ses arguments contre le programme d'aide aux pays en difficultés.
Pour le gouvernement allemand, le programme aurait "des effets inflationnistes". Le journal outre-Rhin ajoute que "l'ancien économiste en chef de la BCE, Jürgen Stark, voit cela comme une violation flagrante du droit européen". En effet, le traité interdit le financement des Etats par la banque centrale. Ainsi, "un tel plan de sauvetage n'a pas de base juridique, c'est anti-démocratique "! Comme il le conclut dans le Handelsblatt, "ce n'est pas la tâche d'une banque centrale moderne de donner aux États de l'argent".
Du côté de la Grèce, les trois chefs de la coalition n'ont pas réussi à s'entendre sur les réductions budgétaires de 11,5 milliards d'euros à trouver pour 2013-2014. Un porte-parole du gouvernement a annoncé ce matin sur Skai TV que de nouvelles annonces de coupes budgétaires seraient faites le mois prochain. Le ministre des Affaires Etrangères belge, Didier Reynders, a préconisé de son côté de garder le pays dans l'eurozone mais de l'écarter des marchés souverains pendant 15 à 20 ans, et de le placer sous tutelle. Cela n'a pas empêché le Crédit Agricole de trouver un acheteur pour sa filiale Emporiki, qui devrait être cédée au grec Alpha Bank. Le rachat devrait être signé à la mi-septembre, une fois les termes de la recapitalisation des banques grecques arrêtés.
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17/09/2021 - 10:31

