WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Private Equity / Private equity

Private Equity
Private equity

Emballé par Trump, le private equity mise sur l'infrastructure

Blackstone réfléchit à lancer une activité d’infrastructure, tandis que Carlyle lève un fonds dédié de 2,5 milliards de dollars. Le futur président compte encourager l’investissement privé dans le secteur, dont les rendements s’essoufflent.
Infrastructure
Infrastructure

Le positionnement stratégique du plus gros fonds de private equity au monde est suivi de près par ses pairs, surtout lorsque son patron, Stephen Schwarzman, murmure à l’oreille du futur président. Or selon les rumeurs, Blackstone serait en train de réfléchir au lancement d’une activité dédiée à l’infrastructure, secteur qui a le vent en poupe depuis que Donald Trump, qui a fait de la politique de relance le thème central de sa campagne, a gagné l’élection présidentielle. Les dirigeants du mastodonte américain, qui gérait 361 milliards de dollars à fin septembre, ont d’ailleurs eu l’occasion d’échanger avec le futur président puisque le CEO, Stephen Schwarzman, a été chargé de composer un comité de grands patrons pour le conseiller sur sa politique économique. Et Jon Gray, responsable de la branche immobilier qui affiche à elle seule 101 milliards de dollars sous gestion, a été de son côté pressenti comme candidat potentiel au rôle de secrétaire au Trésor après une rencontre avec Donald Trump, avant que le poste n’échoue à Steven Mnuchin.

Réputée comme pérenne et solide, l’infrastructure est déjà privilégiée par les investisseurs : ils ont alloué 52 milliards de dollars aux fonds dédiés à cette classe d’actifs, selon Preqin. Et la montagne de «poudre sèche » restant à investir, qui se monte actuellement à 144 milliards de dollars, ne cesse d’enfler. Les prix s’en ressentent puisque le deal moyen dans ce secteur a atteint 528 millions de dollars, un record historique en 2015. Et selon le rapport annuel de Preqin sur l’infrastructure, plus de la moitié des investisseurs actifs en 2015 ont trouvé plus difficile qu’auparavant de trouver des cibles attractives.

Ces derniers ont ainsi eu tendance à se reporter sur des opérations plus risquées et rentables, et à entrer en concurrence directe avec les fonds de private equity classiques. Ce qui pose un problème de compétitivité au non coté, qui a des exigences de rendement plus élevées auprès de ses investisseurs et s’est reporté sur des secteurs plus éloignés, comme la logistique. Dans leur démarche de diversification, ces derniers sont eux aussi très actifs sur ce segment: Carlyle serait en train de lever un fonds de 2,5 milliards de dollars, le canadien Brookfield AM a closé l’été dernier le plus gros véhicule jamais levé dans l’infrastructure, à 14 milliards de dollars. Et pourrait être bientôt doublé par Global Infrastructure Partners (GIP), le fonds dirigé par Adebayo Ogunlesi – lui aussi membre du conseil de grands patrons – qui pourrait bientôt boucler un fonds de 15 milliards de dollars.

GIP fait figure de meilleur élève, avec un rendement annuel moyen de 16,2% et 24,2% sur ses deux premiers fonds, selon le fonds de pension du Maine qui est un de ses Limited Partners. Mais tous ne peuvent pas en dire autant : les fonds d’infrastructure qui ont investi à partir de 2007 afficheraient un TRI de 5,6% et, selon les spécialistes, le secteur rapporte aujourd’hui autour de 7%. Pour les acteurs, les opportunités d’une présidence Trump sont indéniables : ce dernier s’est fait le chantre de la politique de relance à travers de grands travaux publics, financés par des obligations gouvernementales, qui redonneraient des emplois aux américains. Le milliardaire avait indiqué qu’il ferait mieux que son adversaire Hillary Clinton, qui souhaitait augmenter les dépenses fédérales liées à l’infrastructure de 275 milliards de dollars sur cinq ans, et qui n’a pas donné plus de détails depuis. Mais une grande partie de la communauté financière, qui après huit ans de QE regorge plus que jamais de cash, est plus que tout prête à rendre l’Amérique « great again ».


Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article