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L'audit audité

Les commissaires aux comptes se montrent méfiants vis-à-vis de certaines propositions de régulation de Bruxelles.
Les professionnels de la finance d'entreprise sont plutôt favorables à un débat sur la régulation des cabinets d'audits. Même si tous ne s'inquiètent pas comme Bruxelles de la prééminence des Big Four, alors que la concentration dans le secteur se poursuit. C'est ce qui ressort des réponses à la consultation de la Commission sur les leçons que pourraient tirer les cabinets d'audit de la crise. Cette crise, les cabinets refusent très clairement d'en porter la responsabilité. La Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC), n'accepte pas de dire comme Bruxelles que la concentration du marché autour des Big Four (KPMG, Deloitte, E&Y et PwC) pose un problème systémique. Elle souligne d'ailleurs que la disparition d'Arthur Andersen en 2002 n'a pas fondamentalement perturbé les marchés. Tous ne sont pas aussi optimistes. Notamment les directeurs comptables et financiers, interlocuteurs privilégiés des auditeurs et représentés par la DFCG. Plus de 60% des membres de cette association ont répondu qu'il pouvait y avoir un risque systémique. La suprématie des Big Four est surtout problématique dans certains secteurs comme la banque et l'assurance où il peut être difficile de changer d'auditeur faute de candidat qualifié. Quel que soit le constat dressé, les professionnels de la finance d'entreprise se montrent favorables à la généralisation au niveau européen du co-commissariat aux comptes déjà mis en place en France. "L'indépendance d'un collège de commissaires aux comptes à l'égard de l'entreprise est toujours plus forte que celle d'un seul cabinet", note l'Adaceip, association qui promeut une alternative aux grands cabinets internationaux. Dans son Livre Vert, la Commission pointait aussi du doigt le business model des cabinets qui peut générer des conflits d'intérêts. Beaucoup d'organisations interrogées jugent cependant que la fixation par la loi de la durée du mandat des auditeurs est suffisante. Elles rejettent en bloc l'idée de les faire nommer par un régulateur ou un tiers. Cela pourrait conduire, selon le syndicat d'experts-comptables ECF à "une concentration accélérée du marché". Les organisations sont aussi sceptiques vis-à-vis de la rotation obligatoire des cabinets. Paradoxalement, celle-ci aboutirait à une plus grande concentration, selon la CNCC, qui s'appuie sur l'exemple italien. Les professionnels de l'audit souhaitent surtout clarifier leur mission. Plus de 55% des membres interrogés par DFCG estiment que les méthodes et limites de l'audit ne sont pas suffisamment comprises des audités et 75% qu'elles sont mal interprétées par les utilisateurs de l'information financière. La DFCG insiste pour que la certification des comptes ne soit pas perçue comme une assurance absolue mais une simple "opinion". La CNCC, quant à elle, milite pour que l'information diffusée soit enrichie, notamment celle exposée dans le rapport établi annuellement. L'auditeur pourrait aussi contribuer au contrôle d'autres informations (gestion des risques). Sur la base des ces commentaires, la Commission pourrait présenter de nouvelles propositions de régulation au printemps.
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