L'Allemagne cède sur l'achat de titres par le FESF
Les membres du G20 ont insisté pour que les européens trouvent une solution afin de faire baisser les taux espagnols et italiens. Les fonds monétaires européens pourraient acheter des titres. Ou le FESF, ce à quoi l'Allemagne serait davantage disposée.
Hollande s'est vanté hier soir d'être parvenu à imposer le thème de la croissance au sommet du G20. Il a en revanche moins parlé de la pression des autres dirigeants internationaux à l'égard de l'Europe pour qu'elle trouve une solution durable et rapide à la crise de la dette qui frappe le continent depuis deux ans. L'urgence à présent est d'apaiser les investisseurs vis-à-vis de l'Espagne, afin de faire baisser ses taux qui se sont véritablement envolés depuis une semaine.
En 10 jours ils sont passés de 6% à plus de 7% hier soir, un record historique depuis l'entrée du pays dans la zone euro. La déclaration commune des dirigeants du G20 a cependant apaisé les marchés et les taux sont repassés sous la barre des 7% aujourd'hui, à 6,89%. Le communiqué précise en effet que le plan de recapitalisation des banques espagnoles est une avancée majeure ; " nous soutenons l'annonce de l'Eurogroupe d'aider à la restructuration financière du pays ". Le ministre du budget espagnol s'est d'ailleurs empressé de reprendre ces déclarations du G20 pour justifier que son pays n'aurait pas besoin d'un plan de sauvetage.
Il reste que même à 6,8%, les taux du pays sont extrêmement élevés et que l'Europe devra trouver une solution pour intervenir si les rendements restaient à ce niveau. Une solution suggérée par certains membres du G20 serait que les fonds monétaires du Vieux Continent interviennent massivement pour racheter des titres des pays périphériques. Mais la chancelière y est plutôt opposée.
Autre option qui d'après les blogueurs du Financial Times est pour l'instant celle qui sera retenue : le fonds européen de stabilité financière rachèterait de la dette sur les marchés. Et selon le ft alphaville, "la chancelière serait prête à accepter que le FESF acquière des titres d'Etat en difficulté dans un effort désespéré pour faire baisser les coûts de refinancement de l'Espagne et l'Italie et éviter l'explosion de la zone euro". Selon le site anglo-saxon, les dirigeants du G20 espèrent une annonce sur le sujet dans les prochains jours.
En réalité, une telle option est déjà possible dans les textes : le traité instituant le FESF de novembre 2011 précise bien dans l'Introduction qu' "en cas exceptionnel, le FESF et le MES pourront intervenir sur le marché primaire dans le cadre d'un programme et strictement conditionné." L'article 17 précise que les conditions attachées à un éventuel rachat de titres devront être détaillées dans un mémorandum. L'Etat doit seulement en faire la demande auprès du président de l'Eurogroupe.
La BCE avait assumé ce rôle d'acheteur de titres au début de la crise. Mais depuis plusieurs semaines, la banque de Francfort a délaissé les titres périphériques, rendant l'intervention d'un autre acteur nécessaire. Mais à la différence de la BCE, dont la capacité de prêts est illimitée, celle du FESF est restreinte à 250 milliards d'euros. Si les pays décident effectivement d'utiliser le fonds pour acheter de la dette, ils risquent de fragiliser la force de frappe de ce pare feu. Deuxième frein à l'utilisation du FESF, le stigmate qui serait associé au pays qui demanderait son intervention. L'Espagne n'y est pas disposée pour le moment.
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17/09/2021 - 10:31

