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Fed : des stress tests 2.0 pour les banques
"Nos mesures réglementaires sont les plus efficaces lorsqu’elles sont aussi simples et transparentes que possible, et cette proposition simplifie significativement notre régime de capitaux tout en maintenant sa force." C’est par ces propos que Randal Quarles, le vice-chairman de la supervision bancaire à la Fed, a justifié la décision prise par la banque centrale américaine de dévoiler de nouvelles méthodes et critères pour les stress tests des banques, mis en place depuis la crise financière.
D’une part, la Fed introduit un "tampon de capital en cas de stress", qui est la différence entre le ratio common equity tier one de la banque et celui qu’elle gardera en période de crise, pour les plus grosses banques. Ce ratio sera ajouté au ratio de capital réglementaire, afin de s’assurer que les établissements systémiques sont assez capitalisés. L’institution juge que ce mode de calcul est spécifique pour chaque firme et adapté au risque de chaque situation, tout en étant plus simple que le système actuel, qui obligeait les banques dont les actifs sont supérieurs à 250 milliards de dollars à ajouter des coussins de capitaux supplémentaires en cas de choc externe.
Ce faisant, la Fed a donc réduit de 24 à 14 le nombre de critères que les institutions financières doivent remplir pour passer le feu vert réglementaire, ce qui augmente leurs chances de réussir ces fameux tests. Les banques, et en particulier les huit établissements systémiques (JPMorgan, Wells Fargo, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America , State Street et Bank of New York Mellon) réclamaient depuis plusieurs années des changements dans ces règles arbitraires, qui sont chargées d’établir si une banque peut continuer à prêter lors de ces scénarii extrêmes. Pour ces établissements systémiques néanmoins, les coussins de capitaux à rajouter au capital réglementaire perdurent, ce qui signifie que les ratios seront maintenus, ou "dans quelques cas augmenteront", a précisé la Fed. Et celle-ci pourra décider de retoquer une institution pour des raisons qualitatives, si elle estime que sa gestion des risques présente des déficiences.
Ces stress tests sont devenus des rituels annuels obligatoires pour les banques, qui déterminent si elles peuvent continuer à verser des dividendes et procéder à de rachats d’actions. Citigroup en a déjà fait les frais, son échec lui ayant coûté cher au plan financer et de réputation. Les stress tests 2018 ont ainsi envisagé un taux de chômage de 10% et une chute de 65% des marchés, un scénario que certains jugent trop brutal. Mais si la Fed a consenti à simplifier sa démarche, son raisonnement semble indiquer qu’elle ne considère pas les banques comme surcapitalisées. Les intéressées auront la possibilité de faire leurs commentaires, avant que ce nouveau cadre n'entre en vigueur, en principe, l’an prochain.
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