NYSE Euronext/ICE : les actionnaires plébiscitent le projet
Les investisseurs ont voté aujourd'hui à une large majorité en faveur du rapprochement entre les deux bourses. La Commission européenne se questionne, elle, sur son impact sur le marché du cacao.
Ce n'était qu'une formalité, compte tenu de l'offre alléchante qui leur était présentée. Les actionnaires de NYSE Euronext ont approuvé à 99% (soit 64% des actionnaires de l'opérateur) la fusion avec l'IntercontinentalExchange. De la même manière, les investisseurs d'ICE, qui se réunissaient au même moment, ont également voté à une large majorité (99,67% des voix) l'acquisition de l'opérateur transatlantique. "Il s'agit d'une étape importante en vue de la finalisation de cette opération séduisante et de la garantie de la pérennité à long terme du succès de nos plateformes New York Stock Exchange, Liffe et Euronext'", a réagi Duncan Niederauer, CEO de NYSE Euronext dans un communiqué.
Depuis l'annonce du rachat de NYSE Euronext pour 8,2 milliards de dollars par ICE en décembre dernier, les titres des deux bourses ont respectivement bondi de 67% et 33%. L'opérateur, basé à Atlanta et spécialisé dans la cotation des matières premières et les produits dérivés, s'intéresse à la plateforme de dérivés londonienne de sa fiancée : Liffe. Il envisage en revanche de rendre son indépendance à Euronext, qui devrait être introduit en bourse début 2014. Le rapprochement se fait de plus en plus concret, car NYSE Euronext a également annoncé aujourd'hui que l'IntercontinentalExchange commencerait à compenser les dérivés de NYSE Liffe dès le 1er juillet.
Reste maintenant à obtenir le feu vert de la Commission européenne, puisque les régulateurs nationaux ont choisi d'élever le dossier au niveau de Bruxelles, et des autorités américaines. L'approbation du Vieux Continent pourrait tomber fin juin. Elle devra ensuite être validée par les autorités locales, comme l'AMF et le ministère des Finances en France. Selon Bloomberg, Bruxelles a envoyé une enquête de plus de 90 questions à des acteurs du marché. Les régulateurs attendent notamment des retours sur l'impact qu'aurait le rapprochement sur le marché des matières premières, tel que le cacao ou le sucre, c'est-à-dire là où NYSE et ICE offrent des contrats à terme. En mars, ICE a proposé de plafonner les frais d'opération pour les contrats sur le café, le sucre et le cacao de Liffe pendant cinq ans. Pour Jean-Marc Forneri, banquier d'affaires et administrateur d'ICE, c'est surtout le secteur du cacao dont il est question. Et encore, "ce n'est rien du tout (...) ce sont de tous petits volumes".
En ce qui concerne le devenir d'Euronext, le dossier suit son cours et ICE continue son travail sur le business plan du futur Euronext. "On est droits dans nos bottes (...) On a toujours cette idée de ramener cet actif en Europe et surtout en France. (...) La Place a aimé ce qu'on a proposé", commente Jean Marc Forneri. Le banquier ajoute que le projet suscite de l'intérêt : "on est approchés tous les jours par la moitié des fonds de private equity de la Place". Les plateformes sont toujours en attente de la position des institutions financières. Car le Trésor français souhaite faire entrer un groupe de banques au capital d'Euronext en cas d'IPO de la Bourse. Les choses ne devraient se décanter qu'une fois les élections allemandes de septembre passées, c'est-à-dire dès que le dossier de la taxe sur les transactions financières -qui contrarie les banquiers- pourra réellement être discuté.
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