Michelin étonne et détonne
Le numéro un mondial du pneumatique a enregistré une hausse de son bénéfice en 2012, dans un contexte marqué par les déboires de l'industrie automobile européenne. Grâce à sa mondialisation.
Une fois encore, Michelin a surpris toute la communauté financière. Dans un environnement économique exécrable, avec des constructeurs français en perte complète de vitesse, le groupe clermontois est parvenu à accroître de 3,6 % son chiffre d'affaires, qui a tutoyé les 21,5 milliards d'euros. Mais surtout, son résultat opérationnel a progressé de 24,5 % à 2,42 milliards d'euros. Quant au résultat net, il s'est établi à 1,57 milliard, contre 1,46 milliard un an plus tôt.
Tout cela n'est évidemment pas dû au hasard. Primo, Michelin a compris depuis longtemps que, dans une industrie comme celle du pneu, il n'y avait pas d'autre salut que d'être mondial. Secundo, le groupe clermontois, qui a été obligé de se frotter très tôt à la concurrence des équipementiers asiatiques, a pu mesurer avant d'autres industriels l'importance des écarts de compétitivité. Ce qui l'a conduit à mener, sous la houlette de Michel Rollier, des plans d'adaptation réguliers. A tel point que son usine de Cholet est aussi compétitive qu'une usine chinoise. Ce qui n'est manifestement pas le cas de Goodyear à Amiens ! Tertio : grâce à sa capacité d'innovation, Michelin a toujours lancé des produits qui méritaient d'être payés plus cher. Ce qui lui permet d'afficher aujourd'hui une marge hors normes.
Tout cela ne veut pas dire que la vie à Clermont est un long fleuve tranquille. La récession qui frappe l'Europe, l'activité médiocre qui caractérise toujours le continent américain et la baisse de régime - relative - des pays émergents incitent Jean-Dominique Senard à la prudence en ce début d'année. Le gérant du groupe a laissé envisager une stabilité des volumes vendus au cours de l'exercice 2013. D'autant plus que l'atonie des marchés est maintenant prononcée depuis le début du second semestre 2012. Bien sûr, Michelin s'attend à ce que les cours des matières premières restent stables au cours du premier semestre, avec à la clé un effet favorable de 350 à 400 millions d'euros sur le résultat opérationnel. Mais celui-ci sera partiellement compensé par l'effet des clauses d'indexation sur les activités de première monte et de génie civil.
Tout cela explique la déception momentanée des investisseurs, illustrée par la chute du cours aujourd'hui. Mais cela ne justifie pas que la capitalisation boursière de Michelin ait fondu de 600 millions d'euros en l'espace de quelques heures. D'autant que tous les objectifs à l'horizon 2015 sont maintenus.
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17/09/2021 - 10:31

