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Malgré la reprise européenne, le taux de défaut des corporates progressera en 2016

Malgré un environnement macro en Europe plutôt favorable l’an prochain, les entreprises du secteur énergétique, qui ont surinvesti ces dernières années et celles confrontées aux ruptures technologiques, pourraient connaître des difficultés, selon S&P.
Pétrole - forage en Seine et Marne
Pétrole - forage en Seine et Marne

Les entreprises européennes devraient connaître des sorts très différents l’an prochain selon les secteurs auxquels elles appartiennent, et ce malgré le climat économique général favorable dans l’ensemble du continent. Telles sont les conclusions de Standard and Poors, qui publiait aujourd’hui son corporate credit outlook pour 2016. L’agence souligne ainsi que l’Europe devrait être l’une des régions les plus privilégiées l’an prochain en termes de cycle économique et financier, grâce à des taux d’intérêt toujours au plus bas, une devise faible qui favorisera les exportations, un coût des énergies eu élevé et une politique monétaire accommodante. Mais toutes les sociétés n’en bénéficieront pas de la même façon selon S&P, qui a donc classé les entreprises en trois grandes catégories : celles qui ont sur-investi ces dernières années et vont devoir s’adapter à une période d’ajustement prolongé pour permettre à l’offre et la demande mondiale de se rééquilibrer. Celles confrontées à une évolution de leur business model en raison de l’émergence de nouvelles technologies remettant en cause leur mode de fonctionnement. Celles enfin qui devraient au contraire bénéficier de la reprise de la consommation européenne.

Les sociétés considérées comme « surinvesties » appartiennent pour la plupart au secteur des matières premières ; celles-ci ont massivement accru leurs dépenses en investissements entre 2004 et 2013, soutenues par des rendements de capitaux meilleurs que dans les autres industries. Ces entreprises sont aujourd’hui confrontées à un excédent de leurs capacités de production les obligeant à réaliser d’importantes réductions de leurs coûts. La chute du prix de l’énergie combinée au ralentissement chinois représentent un risque de crédit non négligeable pour toutes les entreprises dans cette situation de surinvestissement, explique S&P. L’industrie de l’acier dont l’utilisation des capacités de production représente à peine 75% devrait subir le même sort. Les entreprises high yield américaines sont cependant plus importantes qu’en Europe dans les secteurs des matières premières et seront sans doute plus exposées l’an prochain.

Autre type d’entreprises européennes qui pourraient connaître quelques difficultés l’an prochain, celles confrontées à une remise en cause de leur modèle économique avec l’émergence de nouvelles sociétés liées au progrès technologique, comme le secteur hôtelier désormais en concurrence avec de nouveaux types d’offres (Airbnb) ou celui de l’automobile traditionnel (avec l’émergence du covoiturage, des véhicules automatiques et de services tels qu’Uber). Les sociétés qui devront s’adapter à des contraintes réglementaires plus importantes (notamment dans le domaine écologique) seront également exposées l’an prochain du point de vue de leur notation de crédit. S&P cite notamment les entreprises du service public, qui vont devoir respecter des normes environnementales toujours plus contraignantes.

Une troisième catégorie d’entreprises devrait cependant bénéficier de la reprise européenne et en particulier du retour de la croissance du crédit, qui a permis de soutenir la consommation des particuliers. « La consommation est le nouveau moteur de la reprise avec une hausse des ventes au détail et une amélioration des indices de confiance », expliquent ainsi les analystes de S&P. Le secteur des matériaux de construction et de la construction immobilière, celui des services, des loisirs, des transports et des technologies devraient ainsi profiter des 1,8% de croissance que l’agence prévoit l’an prochain en zone euro.

Les entreprises appartenant à cette dernière catégorie sont cependant moins nombreuses que celles des deux autres types, ce qui devrait signifier selon S&P une légère hausse du taux de défaut des corporates l’an prochain, qui restera modeste cependant : « nous anticipons une légère détérioration de la perspective de crédit en Europe et une petite hausse des défauts coporate », concluent les analystes de S&P.

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