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Les leçons de l'échec du rapprochement Technip/CGG

CGG estimait valoir beaucoup plus que 8,30 euros et n'a pas voulu de l'offre de Technip. En renonçant, ce dernier vient rappeler qu'en dépit de l'abondance des liquidités, la réalité des chiffres prime toujours. Résultat : CGG s'effondre à 4,90 euros ce matin.
Technip
Technip

Cela servira-t-il d’exemple pour les prochaines transactions ? En renonçant à mettre la main sur CGG, Technip envoie un signal assez fort en direction des professionnels du M&A. De fait, depuis la reprise du marché des fusions-acquisitions, les cibles ont pris l’habitude de repousser d’entrée de jeu les offres qui leur sont faites, arguant à chaque fois, d’une trop faible valorisation. A l’heure où les liquidités coulent à flot et les conditions de financement n’ont jamais été aussi favorables, elles n’hésitent pas à faire la fine bouche et à réclamer plus. C’est ce que l’on voit depuis plus d’un an aux Etats-Unis. C’est ce que l’on voit aussi de plus en plus fréquemment en Europe. D’autant qu’avec le retour en force de ces opérations de restructuration sont réapparues les offres non sollicitées, voire inamicales.

Mais à ce petit jeu de vouloir faire monter toujours plus les enchères, certains finissent par se casser les dents. C’est ce qui vient d’arriver à CGG. La société a, d’emblée, fait savoir qu’elle jugeait le prix proposé par Technip trop chiche et ne voulait pas entendre parler de la réorganisation envisagée par le raider. En proposant 8,30 euros par action, la firme dirigée par Thierry Pilenko, offrait certes, une belle plus-value par rapport aux précédentes cotations (l’action valait 4,40 euros début novembre), mais ce niveau était quand même bien faible par rapport à ceux de 2011 ou 2012 où CGG évoluait aux alentours de 26 euros. Un marché de plus en plus concurrentiel et très erratique a effectivement pesé sur les marges de l’ex Géophysique, qui a déjà dû se restructurer. Fin 2013, elle a ainsi été l’une des premières sociétés sismiques et para-pétrolière à alerter le marché sur la baisse des dépenses d’exploration des compagnies pétrolières. CGG a lancé dans la foulée un plan de transformation qui avait notamment pour but de réduire sa flotte de navires de 18 à 13 navires entre 2014 et 2016. Face à la difficulté du marché, elle a décidé en mars 2014 d’accélérer ce plan de réduction de la flotte qui depuis fin octobre est de 13 navires.

Dans un contexte déjà fragile s’est, en outre, accentuée la chute des cours du prix du pétrole depuis l’annonce de Technip. Rendant beaucoup moins convaincantes les demandes de CGG. D’où la décision de ce jour. Thierry Pilenko assure que cet échec ne lui sera pas dommageable. « Il y a plusieurs façons de faire pour acquérir des capacités. On peut le faire à travers des acquisitions, on peut le faire à travers des alliances, on peut le faire aussi de manière organique. Il y a plusieurs alternatives. Une partie de CGG en était une, on pourra regarder des alliances ou d'autres types de construction industrielle", précise-t-il.

Discours que les analystes et investisseurs ont bien compris et immédiatement mis à profit : le titre Technip s’envole de près de 8% ce matin à 49,48 euros ; celui de CGG s’effondre de 29% à 4,90 euros retrouvant quasiment ses niveaux précédant l’annonce de rapprochement avec Technip. La preuve que cette cible ne valait pas plus ? Au-delà de l’aspect technique, les entreprises pétrolières et para-pétrolières sont en passe de connaître des période plus que troublées en raison du contexte de baisse des cours de l’or noir. Et ce, d’autant plus que si l’on en croit les spécialistes, cette tendance a de très fortes chances de perdurer, modifiant en profondeur les perspectives d’exploration et les investissements engagés vis-à-vis de toute cette filière.

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