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Le Hub, le concept pertinent de Bpifrance en faveur des start-up
Si Bpifrance ne peut à lui seul relancer un marché français du capital risque moribond en 2014, il a décidé de donner l’exemple en ouvrant le Hub, un espace interne destiné à accueillir onze start-up et à les soutenir dans leur développement pendant six à 18 mois. Le modèle est celui des accélérateurs, ces communautés où des ex-entrepreneurs et autres experts du fonctionnement des start-up accueillent des jeunes pousses, les aident à développer leur offre ou leur produit, et surtout leur ouvrent leur précieux carnet d’adresses.
Alors que les initiatives privées se multiplient à l’instar de la Halle Freyssinet, le projet d’incubateur de 1000 start-up porté par Xavier Niel, et que la Mairie de Paris s’est elle-même mobilisée, cette nouvelle politique de Bpifrance est particulièrement intéressante. La banque a déjà alloué une enveloppe de 200 millions d’euros à la French Tech accélération, et vient de réaliser son premier investissement dans Axeleo, un accélérateur lyonnais spécialisé dans le B-to-B. Mais elle va désormais plus loin en hébergeant en direct des start-up prometteuses, qu’elle compte mettre en relation avec des ETI à la recherche de pépites innovantes. Or, le besoin est là pour les sociétés françaises qui veulent rester à la pointe du progrès. L’Accélérateur, deuxième spécimen privé à avoir vu le jour en 2012 après le Camping, a ainsi attiré l’attention du groupe Oxylane (Decathlon, Quechua) qui, lui-même confronté aux défis de l’innovation, a pris une participation au capital en 2013.
Or, qui mieux que le fonds souverain à la française, qui est aux prises avec le tissu économique des entreprises au quotidien, peut accompagner ces start-up dans leurs projets de développement ? Le concept, qui s’est très largement étendu aux Etats-Unis dans la sphère privée, a montré toute son efficacité et a contribué à d’immenses success stories comme Instagram (vendu à Facebook pour 1 milliard de dollars), Airbnb (valorisé 20 milliards de dollars) et Dropbox (valorisé 10 milliards de dollars). Mais aujourd’hui, certains remettent en cause ce modèle, qui peut aboutir à des styles de sociétés stéréotypés et sont davantage un moyen de faire connaître sa start-up, dans le but de la revendre à un industriel.
La France n’est pas encore concernée par cette potentielle dérive, les entrepreneurs ont grand besoin de ce coup de pouce pour se faire un réseau et gagner en crédibilité auprès des investisseurs dans la cadre d‘un tour de table. Surtout dans un marché du venture français où les levées de fonds ont fondu de 40% l’an passé et où les investissements patinent, avec un recul de 6,6% du nombre d’entreprises financées. Mais cette salutaire initiative doit être rapidement élargie à d’autres espaces, d’autres start-up, la création d’un véritable écosystème français de l’innovation, au risque de voir nos pépites être rapidement avalées par les mastodontes américains de la tech.
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