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HSBC : pluie d’excuses et mauvais résultats
Faute excusée à moitié pardonnée ? Depuis près de deux semaines, HSBC n’a de cesse de se repentir. La plus grande banque d’Europe a utilisé le champ lexical du pardon dans son ensemble à l'occasion de toutes ses sorties publiques afin d'obtenir miséricorde pour le rôle qu'elle a pu jouer dans l'évasion fiscale de certains de ses clients. Problème : le Guardian a révélé dimanche que le patron de la firme lui-même, Stuart Gulliver, détenait un compte secret dans le pays neutre. Et ce, alors même que le Directeur général a promis de réformer la société et que cette dernière s'était engagée à opérer une « transformation radicale » depuis l’affaire Falciani assurant que l’on ne l’y reprendrait plus. Même si elle ne peut rien changer au passé, la banque n'arrive pas à retrouver une virginité et les affaires se multiplient. Dans ces conditions, peut-on absoudre une firme dont ni la bonne conduite, ni les résultats présentés ce matin ne sont satisfaisants ?
« Nos résultats sont décevants, mais il faut dire que le 4ème trimestre difficile vient masquer les progrès que nous avions réalisés sur les trois premiers trimestres de l'année », a expliqué ce lundi le directeur général. La banque a fait état d’un bénéfice ajusté avant impôt en chute de 17% pour 2014 à 18,7 milliards de dollars, notamment en raison de la hausse de ses coûts opérationnels. Le bénéfice part du groupe est quant à lui en recul de 16% à 13,1 milliards de dollars, sur la base de revenus annuels stables (62 milliards de dollars). Les comptes de l’an passé ont en partie été tirés vers le bas par des amendes, des pénalités, des règlements à l’amiable ainsi que par des provisions pour un total de 3,7 milliards de dollars. Et la présentation du jour a à nouveau été ponctuée de regrets au sujet de SwissLeaks, scandale qui porte sur la période novembre 2006-mars 2007 et sur près de 180 milliards d’euros : « Nous regrettons profondément la conduite et les manquements aux règles », a fait savoir l’établissement. Quelques jours auparavant, la banque avait publié une lettre dans laquelle elle présentait platement ses excuses. « Il nous faut montrer que nous comprenons que les gens que nous servons attendent davantage de notre part. C'est pourquoi nous présentons nos excuses les plus sincères », avait-t-elle écrit.
Et HSBC est loin d’en être à sa première demande de grâce. « Nous nous excuserons, nous reconnaîtrons ces erreurs, répondrons de nos actions et donnerons notre engagement absolu pour réparer ce qui a mal fonctionné », avait déclaré en 2012 la société. En juillet de cette année-là, une sous-commission du Sénat américain avait publié un rapport à charge, accusant l’établissement d’avoir aidé certains de ses clients à transférer des fonds d'origine suspecte hors du Mexique, d'Iran, des îles Caïman, d'Arabie saoudite ou de Syrie. En décembre, HSBC avait annoncé un accord de 1,92 milliard de dollars pour mettre fin aux poursuites pour blanchiment d’argent sale aux Etats-Unis. Le principal danger actuellement pour l’établissement serait d'ailleurs, rapporte Reuters, que les autorités US décident de revenir sur cet arrangement.
Malgré la bonne volonté affichée il y a plus de de deux ans, le Guardian vient de dévoiler que Stuart Gulliver détenait un compte en Suisse via une société enregistrée au Panama. Ce compte, dont HSBC a confirmé l’existence, contenait 6,7 millions d'euros en 2007 et a été ouvert en 1998 lorsque l’actuel patron vivait et travaillait à Hong Kong, a ajouté la firme en précisant qu’il permettait à M. Gulliver de recevoir ses primes, lesquelles étaient taxées à Hong Kong. « Je paye des impôts britanniques sur l'ensemble de mes revenus mondiaux (...). Et je ne pense pas avoir affecté en aucune manière ma capacité » à diriger le groupe, s’est défendu le dirigeant. Sa capacité à diriger, probablement pas, mais si l’évasion fiscale se trouve avérée, son capital confiance, plus que nécessaire pour diriger actuellement une financière de cette taille, serait ruiné. En outre, au titre de 2014, le dirigeant a reçu 7,6 millions de livres, soit moins que les 8 millions de 2013 à cause du scandale de la manipulation du marché des devises ». Le montant de la baisse de son bonus reflète-t-il vraiment les manquements de l'établissement ?
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