WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Professions financières / Corporate finance

Professions financières
Corporate finance

Axa PE s'affirme comme leader indépendant des cleantechs en France

La filiale infrastructure d'Axa PE vient d'inaugurer un parc éolien, qui porte à 700 MW sa capacité de production dans les énergies renouvelables. Un acteur essentiel de ce marché actuellement menacé.
Axa Private Equity n'est pas seulement un acteur incontournable du LBO, du secondaire ou de la dette privée, il peut également se targuer d'avoir constitué un poids lourd indépendant dans les cleantechs. Via sa filiale Kallista développée en interne, il vient d'annoncer avoir inauguré un parc éolien en Seine-Maritime d'une capacité de 12 MW, ce qui porte à 321 MW la puissance du groupe dans l'éolien. Au total, la filiale infrastructure affiche désormais une capacité de production de 700 MW dans l'ensemble des énergies propres, l'éolien en premier, suivi du solaire et un peu d'hydraulique. C'est à la construction d'un véritable acteur alternatif des cleantechs que s'attelle Axa Private Equity depuis plusieurs années maintenant. En 2009, il mettait la main sur Kallista qui affichait 170 MW de capacité de production, et s'est livré à une stratégie de build-up couplée au lancement de projets "from scratch", comme ce nouveau parc éolien. Une initiative qui pourrait paraître risquée au regard de l'attitude des banques pour financer ce type de projets à long terme. Mais si les institutions renâclent un peu sur la durée de ces prêts très consommateurs en fonds propres, le sérieux et la réputation de cette figure incontournable de l'investissement en non coté lui ont permis de boucler des financements sans trop de peine. Car l'ADN de l'équipe de Mathias Burghardt chez Axa Private Equity est bien l'investissement dans des actifs core de l'infrastructure -et non des éléments périphériques, comme les stations services d'autoroutes rachetés par certains fonds d'infrastructure. Avec pour but une gestion dynamique de ces actifs, qui permette d'atteindre rapidement une taille critique. Ce qui lui a permis de prendre la place de troisième acteur français, derrière les mastodontes publics, EDF et GDF. Or c'est bien une consolidation qui est en marche, d'autant plus que les tarifs réglementés instaurés en France depuis 2008 sont actuellement menacés. Saisi par plusieurs associations, l'avocat général de la Cour de Justice de l'Union Européenne vient de statuer sur le dispositif, selon lequel EDF est obligé de racheter l'électricité produite par les éoliennes en France au tarif de 82 euros du MWh, contre moins de 50 euros en moyenne pour l'électricité nucléaire, selon la Cour des comptes. Il a considéré que le surcoût supporté par EDF, compensé par la CSPE (Contribution au service public de l'électricité), représente une aide d'Etat, qui aurait dû être notifiée à Bruxelles. Le Conseil d'Etat devrait suivre la décision de la Cour de Justice de l'UE lorsqu'il rendra son arrêt, en novembre. De quoi remettre en cause un marché représentant 700 MW de capacités de production et 10 000 emplois dans l'Hexagone. Le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin, s'est d'ores et déjà engagé à faire une nouvelle notification et à garantir la sécurité juridique, pour ne pas faire tomber une industrie en plein développement. D'autant que parmi les autres activités d'Axa PE Infrastructure, la gestion de l'eau et des déchets en France (25% des 4 milliards de dollars sous gestion) vit des moments plus difficiles. Le marché français, qui a choisi un système de concessions au niveau local plutôt qu'un monopole régulé comme la Grande-Bretagne, souffre de cette mise en concurrence dans un marché en baisse. Le groupe place plutôt ses espoirs sur le secteur des transports, qui représente déjà 33% des actifs gérés par Axa, car il perçoit qu'un plancher a été atteint en termes de croissance. L'investisseur souhaite se positionner sur les aéroports et les routes, mais à des prix convenables étant donné la concurrence qui y fait rage. Mais pour cela, il peut compter sur la confiance de ses investisseurs, puisque 40 limited partners (dont la moitié de nouveaux) ont abondé le dernier fonds, Axa Infrastructure 3, qui a closé à 1,75 milliard d'euros en mars dernier.
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article