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Introduction en Bourse de TPG : un pétard mouillé

Le cofondateur du groupe de private equity, David Bonderman, a déclaré "contempler" l’opportunité d’une entrée en Bourse. Si KKR, Blacktsone et Carlyle ont réussi cette mutation, le timing ne semble pas favorable à cet acteur.
David Bonderman
David Bonderman

David Bonderman, le cofondateur de TPG, ne pensait probablement pas susciter autant de commentaires en lâchant, comme il le fait depuis plusieurs années, qu’il "contemplait" l’idée d’une IPO, sans y penser "trop fort" non plus. Et surtout en admettant que, tôt ou tard, tous les acteurs du private equity frapperaient à la porte des marchés. Un sentiment partagé par d'autres pointures du métier, comme David Rubenstein, le cofondateur de Carlyle, lors de la conférence SuperReturn à Berlin.

Certes, les plus gros mastodontes du marché que sont Blackstone, KKR, Carlyle ou Apollo, sont aujourd’hui cotés, et ils ne tarissent pas sur les avantages que cela représente. A l’occasion de la conférence SuperReturn à Berlin, le patron EMEA de KKR, Johannes Huth, a ainsi admis qu’être listé avait permis au fonds de se diversifier dans le pétrole, et de continuer à se développer malgré la crise financière. Par ailleurs, Leon Black, le patron d’Apollo qui devrait toucher une rémunération record de 1,7 milliard de dollars pour 2013, a reconnu que l’IPO lui avait permis d’élargir son activité au crédit et à l’immobilier, d’obtenir un nouvel outil de rémunération ou encore de faire des acquisitions. L’emblématique Henry Kravis, cofondateur de KKR, n’a enfin pas caché que l’accès à du capital permanent était bien plus commode que la tâche fastidieuse de lever un nouveau fonds tous les six ans, citant pour modèle Berkshire Hathaway et Warren Buffett.

Sans aucun doute, les « Big Four » de la cote ne sont plus seulement des fonds de private equity, mais des holdings d’investissement présentes dans le crédit, les fonds de fonds, le distressed, les infrastructures, l’immobilier etc. Blackstone gère par exemple 266 milliards de dollars, dont à peine 66 milliards en private equity. Ils ont prouvé qu’il était possible de satisfaire les Limited Partners avec les plus-values de cession, tout en préservant les intérêts des actionnaires avec les revenus issus des management fees.

Pourtant, TPG  n’en est pas au stade de développement de ses grands frères de la Bourse : il pèse 41% de moins que KKR et même 76% de moins que Blackstone en termes d’actifs sous gestion. Il n’est présent que dans les hedge funds et le crédit, même si cette activité dépasse aujourd’hui largement le private equity (64,4 milliards d’euros sous gestion, contre 37,8 milliards). Par ailleurs, l’investisseur a encaissé deux pertes sévères sur les dossiers Energy Future et Washington Mutual, si bien que son fonds V n’afficherait qu’un TRI de 1,18% à fin septembre (contre 7,68% pour le benchmark) et le fonds VI n’aurait qu’un rendement de 9,12% (contre 12,32%).

Aujourd’hui, TPG explore de nouvelles options pour prolonger son pouvoir d’achat, alors que son dernier fonds de 19,8 milliards de dollars date de 2008. Il aurait ainsi contacté ses principaux investisseurs, dont le fonds de Singapour GIC, pour mettre en place un « bridge fund » de 2 milliards de dollars. De quoi se donner un peu de temps avant de repartir à la chasse aux capitaux car, d’ici là, il faudra vendre à bon compte et rendre de l’argent aux LPs. En attendant, Jérémy Coller, patron de Coller Capital qui investit comme LP et en secondaire, a fait remarquer que son groupe ne facturait plus de management fees après dix ans, suggérant à ses gérants de faire de même. En attendant la cote, la guerre des prix est loin d’être finie pour les acteurs du private equity.

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