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Sur les marchés

Cellectis frappe à la porte d'un Nasdaq en pleine surchauffe

Déjà cotée sur Alternext, la biotech française qui développe un traitement contre le cancer va lever 129 millions de dollars sur les marchés US pour financer son développement. Mais les signaux d'une bulle se multiplient outre-Atlantique.
Cellectis
Cellectis

Après le précédent DBV Technologies, première biotech française à avoir franchi la porte du Nasdaq et levé 93 millions de dollars en octobre dernier, c'est cette fois-ci un poids lourd français du secteur qui lance sa double cotation aux Etats-Unis. Cellectis, une société qui développe des immunothérapies pour un nouveau traitement contre le cancer, vient d'annoncer qu'elle comptait lever 129 millions de dollars via l'émission de 3,5 millions d'actions ordinaires sous la forme d'ADS. Etant donné que le groupe est déjà coté sur Alternext, où il affiche une capitalisation boursière de 989 millions d'euros, le nouvel ensemble pourrait être désormais valorisé à 1,2 milliard d'euros.

L'environnement de marché US est on ne peut plus porteur pour la société dirigée par André Choulika, l'ancien président de France Biotech qui s'est beaucoup investi pour des incitations fiscales à l'innovation. Le Nasdaq a retrouvé son plus haut historique de 2000 à 5000 points au début du mois, les IPO de biotechs fleurissent et délivrent des performances enviables. Parmi elles, Kite Pharma et Juno Therapeutics, deux jeunes pousses qui développent également des immunothérapies, ont gagné respectivement 273% et 122% depuis leurs introductions de juin et décembre derniers, tandis que Belliccum Pharmaceuticals est en hausse de 31% en trois mois depuis son IPO.

Dans cet environnement favorable, le nombre de candidats explose: un record historique de 71 PO de biotechs aux Etats-Unis l'an passé, soit une entrée en Bourse sur quatre et une performance moyenne de 14% sur leur seul premier jour de cotation. L'emballement est palpable pour l'ensemble des biotechs: l'indice Nasdaq biotech a surperformé de 60% le S&P 500 l'an passé. Or, certaines voix dissonantes se font entendre, estimant que les sociétés qui frappent à la porte de la Bourse américaine sont très jeunes et à un stade précoce dans leurs recherches. Les taux d'échec sont particulièrement élevés: 92% pour un traitement au stade pré-clinique, 88% en phase 1 et encore 78% en phase 2 clinique. "Cela indique un marché en surchauffe, où de jeunes sociétés se ruent sur les marchés et les investisseurs sont contents de les acheter. Le niveau élevé de risque n'est pas reflété dans les valorisations", juge Fabian Knigge, d'EquityX Finance Blog.

La Fed en est bien consciente et avait déjà tiré la sonnette d'alarme l'été dernier. "Les valorisations dans certains secteurs apparaissent très tendues, notamment pour des petites sociétés dans les médias sociaux et la biotechnologie". Pourtant, les prix n'ont fait que continuer à grimper depuis.

Cellectis, qui a été fondée en 2000 et est cotée depuis 2007, n'est certes pas concernée par ce type d'inquiétudes. La société, dont Pfizer et bpifrance sont actionnaires, est elle aussi un exemple de l'emballement boursier pour les biotech en Europe, puisque son cours a été quasiment multiplié par trois depuis le début de l'année, sur fond de projet d'IPO au Nasdaq. Un projet qu'elle concrétise aujourd'hui, avec une première cotation la semaine prochaine. De quoi lui permettre d'accéder non seulement à un marché plus profond et mieux valorisé, mais aussi de renforcer sa notoriété dans la grande jungle des biotechs américaines.


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