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Presse allemande : "l'attitude de laissez-faire" avec Chypre

Soumis à un ultimatum de l'UE et du FMI, les partis de l'île ont proposé de créer un fonds de solidarité. Les médias dénoncent le laxisme de l'Allemagne, ce qui pourrait créer un précédent.
"Malgré les scénarios apocalyptiques, une faillite de Chypre est tout à fait improbable, estimait ce jeudi matin le Sueddeutsche Zeitung dans son éditorial. Il y aura d'une façon ou d'une autre une solution de sortie". Le quotidien prévient : "les débats seront vifs, parce que les Grillini (soutiens de Beppe Grillo), les euro-sceptiques allemands et les socialistes français vont s'affronter sur le sujet". Néanmoins, le journal constate que l'ancien système d'affrontement Est-Ouest est en train de disparaître, de même que celui d'Etat nation, même si cela prendra plus de temps. A terme, l'Europe évoluera vers une confédération, plus propice à trouver des solutions en temps de crise. Mais cela n'est pas pour tout de suite, estime le quotidien. " Le débat actuel sur Chypre montre combien les intérêts nationaux sont encore au centre de l'Europe". Le Frankfurter Allgemeine Zeitung annonce pour sa part que "Chypre a proposé un nouveau mécanisme pour participer au plan d'aide, qui devra d'abord être validé au Parlement puis par l'UE et le FMI. La nouvelle version consisterait, au lieu de taxer les épargnants, en un fonds de solidarité. Il serait alimenté par une partie du capital financier de l'Eglise et des caisses de retraites. Certaines institutions pourraient également émettre des obligations d'Etat pour compléter les besoins de l'île et atteindre la somme exigée par le FMI et l'UE, soit 5,8 milliards d'euros, explique le FAZ. Mais si le gouvernement de l'île a présenté un plan B, "il devrait cependant lui manquer un milliard d'euros pour garantir le plan d'aide de la zone euro", estime le Handelsblatt. Le journal estime que "la BCE et Merkel prennent Chypre en tenaille. Nicosie veut renoncer à la taxe bancaire - mais les sauveteurs de l'euro font pression". Alors qu'à Chypre le sentiment anti-allemand ne cesse de monter, le Spiegel dénonce pour sa part "l'attitude de laissez-faire de l'Allemagne". "Le gouvernement allemand ne semble pas réaliser qu'il risque de créer un précédent avec Chypre. L'Allemagne pourrait au contraire décider que si le petit pays ne file pas droit, il suffirait qu'il fasse faillite, plutôt que de se porter à son secours. La position actuelle est certes populaire, mais les conséquences en seront fatales. Nous devons sauver l'île - aussi dans notre propre intérêt", martèle le site de l'hebdomadaire. Jeroen Dijsselbloem, le chef de l'Eurogroupe, a quant à lui affirmé devant le Parlement européen que l'idée de taxer les épargnants était "une décision commune. Si quiconque doit en prendre la responsabilité, alors ce sera moi", alors que les critiques continuent à se faire entendre. Pour lui, la crise à Chypre est un danger pour l'euro. "La situation actuelle représente définitivement un risque systémique. [...] Les troubles de ces derniers jours le prouvent", rapporte le Handelsblatt.
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