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Presse allemande : 136 économistes s'attaquent au rachat d'obligations d'Etat

Selon eux, le rachat de titres souverains constitue du financement monétaire, ce qui est contraire à la loi. Les journaux reviennent aussi sur le discours de l'état de l'Union de Barroso.
136 professeurs d'économie se sont réunis pour publier une tribune dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung dans laquelle ils critiquent la Banque centrale européenne et le programme d'achat d'obligations de la banque centrale. Pour eux, il s'agit là d'une "erreur légale et économique". Le FAZ souligne que "l'achat d'obligations par la BCE est très discuté, notamment en Allemagne. Même la cour constitutionnelle échange sur le sujet". Ce nouveau collectif d'économistes dénonce un "financement national monétaire". "Si l'achat d'obligations par la BCE était motivé par une politique monétaire, la BCE achèterait un portefeuille représentatif de toutes les obligations d'Etat de tous les pays membres ou aussi d'obligations privées. Mais elle ne fait pas cela. Elle achète seulement les obligations d'Etats membres surendettés. C'est du financement national monétaire", argumentent les économistes. L'appel a été lancé par l'économiste de Mannheim Roland Vaubel et signé notamment par le président de l'institut Ifo, Hans-Werner Sinn, ainsi que plusieurs anciens conseillers politiques. "La BCE est aussi soumise au droit et aux lois", estiment-ils, précisant que la cour de Karlsruhe doit donc se prononcer sur l'achat d'obligations à ce titre. Le FAZ, dans un autre article, revient sur le discours "sur l'état de l'union" du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Le quotidien résume l'intervention par un "l'UE ne doit pas tout faire". "Tous les problèmes n'appellent pas à une solution au niveau européen", précise-t-il, ajoutant également : "l'Europe n'est pas la cause des problèmes, mais une partie de la solution". Le FAZ applique cette logique à la Grèce : "les problèmes de la Grèce ne sont pas causés par l'UE, mais par la politique des anciens gouvernements grecs. Et sans les aides européennes, le pays serait aujourd'hui insolvable". Lors de son discours devant le Parlement européen, à Strasbourg, Barroso a également annoncé que "la reprise était en vue". Le président du Parlement, l'Allemand Martin Schulz, a quant à lui estimé qu'il fallait rendre certaines compétences aux Etats pour en renforcer d'autres de l'Union européenne si cela permet de reconquérir la confiance de l'opinion publique. Il s'est dit prêt à utiliser le principe de subsidiarité si un partage précis des responsabilités était défini. Lors d'une visite à Londres, il s'est dit inquiet par les plans de David Cameron qui prévoit d'organiser un référendum sur l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'UE en 2015, s'il était réélu. "Mon conseil pour nous tous est de ne pas sous-estimer l'insatisfaction de nombreuses personnes avec la forme actuelle de l'UE", a-t-il expliqué à l'agence Reuters. Enfin, l'Eurogroupe qui se réunit en Lituanie vendredi "va discuter de la Slovénie", rapporte le Handelsblatt. Le quotidien explique : "la Slovénie est très endettée et prévoit de fermer deux banques". "Dans la zone euro, il y a toujours de gros doutes pour savoir si la Slovénie va pouvoir rattraper sans aide extérieure le déficit béant de capital d'environ 7,5 milliards d'euros dans les bilans des 18 banques actives du pays. La Banque centrale européenne, en particulier, souhaiterait que la Slovénie constitue une demande d'aide auprès du fonds de sauvetage européen, le MES."
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