WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Actualité des sociétés

Entreprises / Actions
Actualité des sociétés

Total : Patrick Pouyanné prend le taureau par les cornes

Le nouveau patron du géant pétrolier a été explicite ce matin en indiquant que l'entreprise devait être rentable et durable quel que soit le prix du baril. Il a déjà pris les devants en passant 7,1 milliards de dollars de dépréciations en 2014. La réduction des investissements en 2015 sera plus importante que prévue.
Total
Total

La publication des résultats de la plus grosse entreprise française était très attendue ce jeudi. L’entreprise dorénavant dirigée par Patrick Pouyanné doit effectivement faire face à un défi majeur : la chute vertigineuse des prix de l’or noir. Défi qui trouve déjà de lourdes conséquences sur l’exercice clos le 31 décembre : le géant pétrolier a vu son résultat net fondre de 62% à 4,24 milliards de dollars pour un chiffre d'affaires en repli de 6% à 236,12 milliards.

Le bénéfice net ajusté, qui exclut des éléments volatils comme l'effet stock a, quant à lui, reculé de 10% à 12,84 milliards de dollars. Si la major pétrolière est déjà touchée de plein fouet, c’est en raison principalement de la dépréciation de 7,1 milliards de dollars passée au titre des sables bitumineux au Canada, du gaz de schiste aux Etats-Unis et du raffinage européen, qui fera prochainement l'objet d'une restructuration.

Si Patrick Pouyanné n’a pas hésité à passer la paille de fer dès à présent, c’est parce qu’il ne voit pas un redressement à court terme des prix du pétrole. Situation pour le moins problématique pour son groupe. Lorsqu’il a pris les commandes de Total en octobre dernier après la mort accidentelle de Christophe de Margerie, il avait déjà indiqué qu’il allait réduire l’enveloppe des investissements au regard d’un contexte déjà dégradé. Aujourd’hui, il confirme plus que jamais cette tendance. "Nous allons arrêter tous nos investissements sur le domaine du « shale gas » [NDLR : gaz de schiste] américain", le niveau actuel du baril ne permettant pas de les rentabiliser, a-t-il déclaré. Le budget d'exploration sera, lui, coupé de 30% à 1,9 milliard de dollars, tandis que les réductions de coûts sont amplifiées et portées à 1,2 milliard de dollars, contre 800 millions prévu précédemment. Le programme de cession d'actifs, de 15 à 20 milliards de dollars sur la période 2012-2014, sera poursuivi et atteindra 10 milliards jusqu'en 2017. Objectif : abaisser au maximum le point mort du groupe et générer une trésorerie positive (de 8 milliards de dollars environ).

Première concrétisation de l’année de cette stratégie : le géant pétrolier français Total a annoncé la suppression d'environ 180 emplois sur 580 dans sa raffinerie britannique de Lindsey, dont la capacité sera réduite de moitié, soit 5 millions de tonnes par an, via la fermeture d'une unité de distillation de brut.

Patrick Pouyanné a d’ailleurs été très explicite sur le sujet : "Nous devons être rentables et durables, quel que soit le prix du baril".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article