Financement des PME : peut mieux faire !
Politiques, financiers et entrepreneurs étaient réunis lundi à l'Assemblée pour un état des lieux. Les initiatives comme le PEA-PME ou les fonds Novo sont encourageantes. Mais les TPE s'estiment toujours abandonnées.
Ils étaient tous là lundi 14 octobre à l'Assemblée Nationale, ou presque, pour aborder l'épineux sujet du financement des PME. Politiques, financiers, professionnels du financement et entrepreneurs avaient répondu à l'invitation de l'association PME Finance, à la manoeuvre depuis trois ans pour favoriser l'essor des petites entreprises et les mettre en contact avec les investisseurs. Association qui a largement contribué à l'élaboration du PEA-PME, sur le point de voir le jour.
Au-delà des annonces faites ici et là, cette manifestation a surtout démontré à quel point les politiques et financiers d'un côté, et les entrepreneurs de l'autre, tenaient un dialogue de sourd. D'un côté, des annonces plutôt encourageantes comme la création du fameux PEA-PME destiné à favoriser l'investissement dans des petites et moyennes entreprises, via l'une des enveloppes fiscales préférées des français. Mais aussi le lancement des deux fonds obligataires (Novo I et Novo II), mené par la Caisse des Dépôts avec le soutien financier des assureurs. Cette manne d'un peu plus de 1 milliard d'euros, particulièrement novatrice, a pu voir le jour grâce à la récente réforme du code des assurances, permettant dorénavant aux assureurs d'investir en direct dans des entreprises non cotées.
Mais, comme le stipule Bruno de Pampelonne, patron de Tikehau IM, l'un des deux intermédiaires choisis par la CDC et les assureurs pour aller chercher les futurs candidats aux prêts obligataires, les tickets alloués, de 5 à 10 millions d'euros, ne concerneront que des ETI, laissant de côté les petites PME. Schéma à prévoir aussi pour le PEA-PME, les sociétés de gestion ou les banquiers préférant conseiller des dossiers cotés ayant déjà pignon sur rue ou faisant l'objet d'analyses.
Et c'est bien là que le bât blesse. Les entrepreneurs qui se sont déplacés dans l'antre de la vie démocratique française n'ont pas manqué de le faire remarquer : pour les très petites entreprises ou les start-up, il n'existe pas, à ce jour, de financement organisé. Et contrairement à ce que l'on entend souvent, il leur est toujours aussi difficile de trouver des montages souples et efficaces pour mener à bien leurs différents projets. D'où l'idée, pour certains, d'avoir recours au crowdfunding. Processus d'investissement participatif, qui fait d'ailleurs l'objet actuellement de discussions parlementaires en vue d'un encadrement.
Restent toutefois quelques initiatives originales comme celle de l'ancien patron du conseil du groupe BPCE, Philippe Dupont, qui avec sa nouvelle casquette d'entrepreneur, propose des prêts participatifs de très petite taille allant de 25.000 à 150.000 euros. Si l'épargnant va donc bientôt pouvoir élargir sa base d'investissement, le parcours des TPE reste semé d'embûches.
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17/09/2021 - 10:31

