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Une kyrielle de néo-banques en France
On sent que Marie Cheval, l’ex-patronne de Boursorama, est dorénavant la responsable digitale de Carrefour : on en sait plus sur l’évolution de la banque en ligne du distributeur et ses ambitions. C-zam, le compte courant 100% digital de Carrefour Banque et Assurance, a enregistré l'ouverture de 90.000 comptes, selon un communiqué du distributeur. Lancée au mois d'avril, cette offre proposée sous forme d'un coffret associé à une carte bancaire internationale est vendue 5 euros.
C-zam s'appuie sur un réseau de distribution de 3.000 points de vente Carrefour (hypermarchés, supermarchés, magasins de proximité) et sur Rue du Commerce. Sa clientèle est plutôt jeune car près d'un tiers (28%) des utilisateurs ont moins de 30 ans et 51% ont entre 31 et 50 ans alors que 75% des connexions à l'espace client sont réalisées à partir d'un smartphone. L'offre a également permis au distributeur de toucher une nouvelle clientèle, puisque 70% des souscripteurs sont de nouveaux clients de la banque en ligne détenue à 60% par Carrefour et à 40% par BNP Personal Finance.
Une offre bancaire est-elle un bon moyen de fidéliser la clientèle ? Assurément si l’on en juge par la propension des différents distributeurs à lancer leur propre carte de paiement ou des produits d’épargne. Les néo-banques destinées à une clientèle en rupture de bancs avec les banques classiques ou avec des attentes très technos se multiplient également. On pense ici au Compte Nickel (racheté il y a un an par BNP Paribas), qui compte aujourd’hui 700.000 clients via le réseau des buralistes, à Orange Bank en passe d’être lancée le 2 novembre. SFR, de son côté, prépare lui aussi une offre bancaire alors que BPCE peaufine le lancement en France de Fidor, néo-banque allemande rachetée il y a un an et qui compte déjà une communauté de 200.000 personnes, l’objectif étant d’axer l’offre autour de produits très ciblés.
Reste à rentabiliser tous ces projets. Lesquels sont tous logés dans des groupes aux poches profondes et susceptibles de patienter longtemps avant de retirer des niveaux de marges satisfaisants. Vues les attentes de la clientèle (en matière technologique mais aussi tarifaire), les grands réseaux bancaires classiques, comme les distributeurs ou les opérateurs télécoms ont certes tous intérêt à développer des offres modernes, très ciblées, de manière à élargir leur spectre de services. Et ce, dans un contexte de multi-bancarisation et de nomadisme de plus en plus important. Le prisme de l’innovation étant clairement privilégié par la jeune clientèle, soucieuse de pouvoir tout faire via son téléphone portable. Un challenge auquel s’attellent férocement tous les grands groupes bancaires et de services et qui fait les beaux jours de la fintech.
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