WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / Actualité des sociétés

Entreprises / Actions
Actualité des sociétés

Des minoritaires réclament une OPA sur Antalis

Une association de minoritaires de Sequana, à la tête de 11% du capital du papetier, s'insurge contre les conventions réglementées liant Bpifrance à la société. La banque lui a notamment accordé trois prêts à court terme au taux de 12% nantis sur plus de 50% du capital d'Antalis.
Sequana
Sequana

Il n’y a pas que les gros fonds d’investissement anglo-saxons à faire preuve d’activisme. Certains actionnaires minoritaires mécontents du sort leur étant réservé et bien décidés à le faire savoir s’organisent aussi en France. C’est le cas de l’association Asamis regroupant 270 actionnaires minoritaires de Sequana, soit 11% du capital de l’entreprise spécialisée dans le papier. Ceux-ci s’opposent à plusieurs dispositions prises par la direction, notamment vis-à-vis de sa filiale de distribution Antalis dont il a distribué gratuitement les actions à ses actionnaires l’an passé. A cette occasion, Bpifrance, premier actionnaire de Sequana (avec 15,42%) a récupéré 8,5% d’Antalis.

Première source de courroux de l’association, la situation de conflit d’intérêt dans laquelle se trouve Bpifrance via la nature des conventions réglementées liant la banque à la société et susceptibles d’être mises au vote des actionnaires lors de la prochaine AG du 21 juin. L’établissement dirigé par Nicolas Dufourq est effectivement au board de Sequana et a accordé trois prêts d’un montant total de 47 millions d’euros avec échéance au 31 janvier 2019. Et ce, à un taux de 12%. « Compte tenu des taux du marché et de l'échéance de remboursement proche, Asamis considère ce taux abusif. Par ailleurs les prises de garantie de la Bpi peuvent représenter pour ces trois prêts, plus de 50% du capital d'Antalis. Sequana ayant peu de chances de pouvoir procéder au remboursement des prêts de Bpifrance en numéraire au plus tard le 31 janvier prochain, sauf à brader son actif Antalis, Bpifrance Participations s'oriente nécessairement vers une prise de contrôle d'Antalis », explique le président de l’Asamis dans un communiqué.

Ce qui pousse d’ailleurs l’association par la voix de son président, Daniel Pichot, à réclamer le lancement d’une OPA obligatoire de la part de la banque publique sur les titres Antalis au regard du poids du nantissement. L’Asamis vient d’ailleurs d’écrire à l’AMF pour la sensibiliser sur le sujet.

Sequana se débat depuis de longues années pour sortir d’une situation financière pour le moins difficile. Le secteur du papier est en crise depuis longtemps et les virages stratégiques sont compliqués à mettre en œuvre. Le groupe dirigé par Pascal Lebard a dégagé l’an passé une perte de 115 millions d’euros après un déficit de 52 millions d’euros un an plus tôt. Son cours de Bourse a été divisé par trois en l’espace de deux ans. Le titre Antalis ne fait pas meilleure figure, ayant déjà été divisé par 2 depuis son introduction en Bourse il y a tout juste un an. La capitalisation boursière de Sequana ne représente plus aujourd’hui que 34 millions d’euros quand celle de sa filiale atteint encore 100 millions d’euros. Bpifrance regarde, de toute façon, sûrement avec beaucoup d’intérêt l’évolution de ce dossier, la survie de la filière papier française en dépendant.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article