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Carmignac reste bullish sur l'Argentine, malgré la crise du peso
Dix-sept ans après être tombé en faillite, l'Argentine a de nouveau dû toquer à la porte du FMI pour obtenir une aide financière, afin de contrer l'effondrement de sa devise nationale et permettre au gouvernement Macri de mettre en place les réformes économiques nécessaires. L'appréciation du dollar et la remontée des taux américains à dix ans ont particulièrement affecté le pays depuis le début du mois d'avril, lui dont le déficit courant représente près de 4,6% de son PIB et alors que 64% du total de sa dette est exprimée en dollars. Soit le pourcentage le plus élevé des pays émergents. L'effondrement très rapide du peso (-20% en deux mois), couplé à une forte inflation (25,4%) et une sécheresse sans précédent, qui ont pesé sur les exportations agricoles du pays, l'ont donc conduit à demander une ligne de crédit en urgence.
La directrice du fonds monétaire international Christine Lagarde a accepté vendredi de débourser 50 milliards d'euros sur trois ans pour aider le pays à renforcer ses réserves, à stabiliser le marché des changes et créer un meilleur climat pour attirer les investisseurs étrangers. L'Argentine, en contrepartie, s'est engagée à rééquilibrer les comptes de l'Etat, grâce à une importante cure d'austérité. "La demande d'aide auprès du FMI a permis d'apaiser les marchés temporairement mais n'a pas réglé le problème fondamental du pays : un déficit budgétaire très important et des moyens de financement nationaux alternatifs très réduits" explique ainsi Alberto M Ramos, Managing Director chez Goldman Sachs et à la tête de la recherche Amérique latine au sein de la banque. Et d'ajouter que le principal risque pour le pays sera d'éviter une détérioration du climat social au moment de la cure d'austérité imposée par le FMI et également souhaitée par le président Mauricio Macri. "En cas de tensions sociales, le gouvernement Macri aura du mal à mettre en place les réformes annoncées".
Ce contexte économique pour le moins difficile n'a pas découragé Carmignac, qui depuis deux ans, est très bullish sur le marché argentin. "Notre degré de conviction sur nos investissements argentins est inchangé", explique ainsi Xavier Hovasse, responsable de l'équipe actions émergentes au sein de la société de gestion. En octobre 2017 déjà, suite aux élections de mi-mandat qui avaient permis de consolider la présence du parti de Macri (Cambiemos) à la Chambre et au Sénat, le gérant avait affirmé que l'Argentine faisait partie des premiers choix de pays de Carmignac en termes d'investissements. Il reste optimiste malgré la détérioration de la situation économique depuis et ce, pour plusieurs raisons. Face aux événements actuels, la société de gestion estime que l'Argentine a adopté "une réaction adéquate" : à la fois par le biais de la politique monétaire, avec trois hausses des taux successives, "afin de rassurer les investisseurs et d'enrayer la chute du peso". Et en sollicitant à titre préventif une ligne de crédit modulable auprès du FMI."Il s'agit d'un aspect positif selon nous et d'un pas dans la bonne direction".
Selon Carmignac, le président Macri a par ailleurs déjà démontré sa capacité à réduire efficacement le déficit du pays, qui était encore de 5% du PIB à son arrivée au pouvoir en 2015. "En 2017, le gouvernement s'était fixé pour objectif de le ramener à 4,2% du PIB, mais il l'a finalement réduit à 3,9%, notamment grâce à la suppression de subventions dans le secteur de l'énergie (...) Si l'Argentine maintient son rythme actuel, son déficit budgétaire primaire devrait avoisiner 1% du PIB en 2019, ce qui continuera à réduire ses besoins de financement". Carmignac reste donc confiant dans l'avenir du pays, estimant que les banques argentines bien capitalisées, dans lesquelles il est notamment investi, devraient continuer à profiter de la croissance du crédit privé dans le pays. La société de gestion est ainsi encore exposée à hauteur de 9% aux actions argentines (Mercadolibre, Grupo Supervielle, Transportadora de gas, font partie de ses actions en portefeuille), tandis que la dette extérieure argentine (libellée en dollars et en euros) est inférieure à 40 à points de base de duration modifiée dans le fonds Carmignac Portfolio Emerging Patrimoine combinant actions et obligations émergentes.
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