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Régulation / Concurrence / Régulation / Corporate finance

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Le prêt inter-entreprises peut-il être un succès ?

Le décret d’application, qui précise les modalités de ce dispositif prévu par la loi Macron afin de faciliter le financement des entreprises, a été publié le 24 avril. Si l’initiative mérite d’être saluée, elle devrait se heurter à certaines réticences.
poignée de mains -euro - symbole accord
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Les firmes vont pouvoir se serrer un peu plus les coudes. Le décret d’application portant sur le prêt inter-entreprises a été publié au Journal officiel le 24 avril. Le texte précise plusieurs éléments, comme le montant maximal de l’ensemble des crédits que peut accorder la société prêteuse. Il met ainsi en musique l’article 167 de la loi Macron, qui ouvre la possibilité aux entreprises de pratiquer des opérations de crédit envers des homologues. Pour ce faire, les sociétés prêteuses doivent avoir des comptes certifiés, les parties doivent entretenir une relation commerciale et l’emprunt ne doit pas excéder une durée de deux ans. Ce dispositif a pour but d’aider notamment les TPE et PME qui font face à des problèmes de trésorerie. Si toutes les initiatives, qui vont dans le sens d’une amélioration du financement du tissu économique méritent d’être saluées, cette solution pourrait toutefois se heurter à certaines réticences.

Les institutions financières sont en effet en proie à des réglementations contraignantes, qui affectent leur capacité à prêter. D’où l’intérêt d’avoir ouvert une brèche supplémentaire dans le monopole bancaire dans la loi Macron. A noter d’ailleurs que selon le dernier baromètre sur le sujet du Cabinet ARC, 67% des entreprises notent un désengagement des banques vis-à-vis des PME depuis 2008. Néanmoins, si les établissements financiers soutiennent la diversification des sources de financement de leurs clients et que ces derniers font le constat d’une difficulté à trouver des moyens, les modes alternatifs ne sont pas portés aux nues pour autant. Ainsi, toujours selon l’étude, 57% des entreprises considèrent le prêt bancaire comme la solution de financement de trésorerie la plus efficace, devant l’affacturage classique (30%), le prêt inter-entreprises (7%) et le reverse factoring (affacturage inversé - 3%).

Quelles sont les modalités prévues par le décret pour faciliter les prêts-interentreprises, tout en le balisant pour éviter aux maximum les écueils inhérents à l’octroi de crédits ? Tout d’abord, le plafond du montant de l’ensemble des prêts que peut accorder une entreprise ne pourra excéder 50% de la trésorerie nette (10% sur une base consolidée), et dans la limite d’un plafond de 10, 50 et 100 millions d’euros pour les prêts accordés respectivement par les PME, les ETI et les grandes entreprises. En outre, le crédit à une seule entreprise ne pourra pas dépasser 5% de la trésorerie nette de l’entreprise prêteuse.

Reste à savoir si les intéressées se serviront de cet outil. « Aujourd’hui on peut légitimement se demander si une entreprise serait encline à prêter à une société qui ne serait pas soutenue par sa propre banque », s’interroge Denis Le Bossé, président du Cabinet ARC. L’expert rappelle également que le métier de banquier ne s’invente pas : « Une entreprise qui prêterait de l’argent ne disposerait pas forcément des outils d'aide de prise à la décision dont dispose une banque pour évaluer le risque ». Du côté des sociétés qui ont besoin de financement, il n’est également pas dit qu’elles soient tentées par une opération qui pourrait accroître leur relation de dépendance, laquelle pèse déjà parfois dans les relations clients-fournisseurs. Elles ne seraient donc que 13%, d’après le baromètre, à envisager de se lancer dans l’aventure.

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