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Pétrole : Les banques françaises parmi les plus exposées d’Europe

Selon Moody’s, BNP Paribas serait exposée à hauteur de 34,3 milliards et Crédit Agricole de 25,4 milliards d’euros au secteur énergétique. Néanmoins, les risques sont contenus.
Forage pétrolier en Seine et Marne - pétrole
Forage pétrolier en Seine et Marne - pétrole

Les banques britanniques, néerlandaises et françaises sont les établissements européens les plus exposés au secteur énergétique. Selon une note publiée aujourd’hui par Moody’s, BNP Paribas affiche une exposition de 34,3 milliards d’euros, ce qui en fait la première institution du territoire en la matière devant ING et HSBC. La quatrième place est prise par Crédit Agricole et ses 25,4 milliards d’euros d’exposition. Il devance ainsi Société Générale et BPCE, respectivement 6ème et 9ème du classement. Néanmoins, l’agence de notation estime que cette situation ne présente pas un risque significatif pour les revenus et le capital des établissements.

En tout, les expositions brutes à l’industrie énergétique des 19 grandes financières du Vieux Continent représentaient 270 milliards d’euros (soit près de 3% du total des prêts) à fin 2015 et se concentraient essentiellement sur les grands groupes pétroliers intégrés. En outre, toutes les banques déclarent avoir des expositions représentant moins de 6% de leurs portefeuilles de crédits, ce qui est une bonne nouvelle. Société Générale, BNP Paribas, ING ou encore Crédit Suisse ont des chiffres proportionnellement plus importants (entre 4% et 6%) que ceux de leur pairs. En effet, des firmes, telles que BPCE, affichent des ratios inférieurs à 2%. A noter également que les deux tiers de ces expositions sont notées investment grade. Ce qui est un autre bon point pour les intéressées.

Jusqu’ici, Moody’s constate que ces expositions n’ont pas posé de problème et que les provisions pour 2015 étaient modestes. Mais il n’est pas certain que la dynamique soit aussi bonne pour 2016. « Une baisse durable des cours du pétrole - scénario conforme à nos prévisions - impliquerait que les grandes banques européennes enregistrent des provisions supplémentaires », explique Alessandro Roccati, senior vice-président de Moody's en charge des institutions financières. Et d’ajouter : « Les pertes que pourraient éventuellement subir les entreprises du secteur de l'énergie entameraient leur rentabilité déjà mise à mal par un environnement peu porteur ».

En revanche, l’agence de notation précise que les banques ont augmenté leur capitalisation, réduit les risques de leurs bilans et amélioré leurs profils de financement. De fait, elles se retrouvent dans une meilleure position, laquelle leur permettrait de mieux supporter une détérioration de leur portefeuille. Afin de se faire une bonne idée des risques, Moody’s a testé les expositions dans le cadre d’un scénario modéré et d’un scénario adverse. Et les établissements devraient s’en sortir dans les deux cas. L’impact négatif moyen sur les fonds propres durs des banques à fin 2015 serait d’environ 10 points de base dans le scénario classique et de 30 pb dans l’hypothèse la plus sévère.

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