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Le rapport qui charge NYSE Euronext

Le texte de Gérard Rameix et Thierry Giami qualifie de "manifestations d'intention" les initiatives de la bourse pour l'accès au marché des PME et ETI. Pour remédier aux difficultés de financement, il préconise deux solutions.
"La capitalisation des 574 PME-ETI cotées représente moins que la capitalisation de la première grande valeur française." Le rapport Rameix-Giami sur le financement des petites et moyennes entreprises, commandé en juin 2011 par Bercy, enfile les chiffres comme des perles: les PMI-ETI cotées représentent à peine 0,3% des entreprises de plus de 10 salariés, alors que près de 60% des 200 grandes entreprises de l'Hexagone sont sur le marché boursier, 50% des petites et moyennes valeurs ne sont pas suivies par un analyste etc. A qui la faute ? A une réglementation trop contraignante, à un désintérêt des investisseurs et au manque de liquidité des titres de ces sociétés certes, mais pas uniquement. NYSE Euronext est désignée comme la grande coupable. Le rapport, publié hier par le ministère, note que la bourse "prend des mesures contradictoires (...) qui dissuadent les entreprises". Il qualifie les initiatives de la bourse de "manifestations d'intention". "La mission a été surprise par l'importante détérioration des relations entre une partie des émetteurs et le management de NYSE Euronext et par la netteté et la force des critiques", ajoutent les experts. Concrètement, que reprochent-t-ils à la bourse ? D'avoir, selon leurs estimations, triplé les commissions de négociation perçues alors qu'elles ont été divisées par deux pour les grandes valeurs. Et d'avoir tarifé le transfert d'Euronext à Alternext. Pour une levée de capital de 10 millions d'euros, le coût global de l'introduction et de la cotation tourne autour des 8%. Le texte constate que la plateforme joue de son monopole, mais aussi qu'elle n'a pas besoin des petites et moyennes valeurs pour croître. NYSE Euronext répond à cela que ses tarifs ont bien été modifiés en 2010 pour prendre en compte de nouveaux paramètres, mais ont ensuite été revus à la baisse en mars 2011. Elle affirme aussi que le coût moyen a été de 25 000 euros sur les 25 transferts depuis 2009 et de 10 000 euros maximum pour les capitalisations inférieures à 10 millions d'euros, soit un montant raisonnable compte tenu des sommes en jeu. Du coup, les sociétés se financent grâce au crédit bancaire (qui se contracte en raison de la régulation), par le capital investissement et par l'incorporation des bénéfices à leur capital. Ainsi, moins de 10% des entreprises cotées ont recours à des opérations financières en Bourse, alors qu'elles continuent d'investir. Le rapport préconise deux solutions. D'abord la création par NYSE Euronext d'une filiale dédiée à ces entreprises, avec une participation minoritaire de la Caisse des dépôts "qui aiderait à rassembler et organiser". Cette option, qui aurait "les meilleures chances de succès", n'est pas exclue par la bourse. A défaut d'un accord, il faudrait ouvrir le marché à la concurrence. Le rapport souligne le savoir-faire de la London Stock Exchange, et sa plateforme AIM. Marc Lefèvre, directeur développement commercial et relations émetteurs listing Europe chez NYSE Euronext, dénonce "un rapport partisan et destructeur". En fin de matinée, la bourse a répliqué en annonçant la composition et le démarrage immédiat de son comité d'orientation stratégique dédié aux PME et ETI.
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