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Prime de Michel Combes : le conseil coupe la poire en deux

Le conseil a suivi les remarques du Haut comité de gouvernement d'entreprise et revu à la baisse l'ensemble des composantes de la prime de l'ex patron d'Alcatel-Lucent. A 7 millions d'euros, elle demeure un record en France.
Michel Combes
Michel Combes

La pression était très forte, le conseil d’administration d’Alcatel-Lucent a finalement décidé de couper la poire en deux : Michel Combes ne touchera donc que la moitié de sa prime de départ, soit environ 7 millions d’euros, selon les informations révélées par Le Monde. Et contrairement à ce que certains supposaient, cette réduction provient d’une réduction de l’ensemble des composantes de cette prime et non pas de la simple suppression de celle de non concurrence. Est ainsi réduite la partie variable reposant sur l’obtention de titres susceptibles d’augmenter encore plus le montant final du bonus en cas de hausse du titre en Bourse. Quant à la prime de non concurrence pour le moins litigieuse car votée après que le départ de Michel Combes chez Altice/ Numericable-SFR soit connu, elle est elle aussi, réduite de moitié, même si Michel Combes était manifestement prêt à faire une croix dessus. Enfin, les actions de performance 2015 consenties à l’ex numéro un du groupe seront uniquement calculées prorata temporis et non plus sur l’intégralité de l’année compte tenu de son départ anticipé.

Cette décision intervient après que le Haut comité de gouvernement d’entreprise, chargé du suivi des bonnes pratiques de gouvernance des grandes entreprises françaises ait envoyé en début de semaine un courrier « musclé » au conseil d’administration d’Alcatel-Lucent. Lequel se devait donc de réagir compte tenu des arguments avancés par l’organe mais aussi au regard du tollé provoqué par cette prime. L’AMF, le Medef et l’ensemble de la communauté financière s’étaient émus du sujet.

Reste que si l’on se réfère à tous les précédents bonus, primes de départ ou « Welcome bonus » ayant défrayé la chronique ces dernières années, la prime de Michel Combes, même revue à la baisse, demeure un record, bien loin des niveaux de l’inflation actuels !

On se souvient par exemple, de la prime de départ de Thierry Morin, ancien patron de Valéo qui a dû renoncer, sous la pression à une prime de 3,2 millions d’euros. Axel Miller, patron de Dexia, a lui aussi dû renoncer à un parachute doré de 3,9 millions. Que dire de la prime de départ de Chris Viehbacher de 4,4 millions d’euros et du « welcome bonus » de 4 millions d’euros donné à son remplaçant ? Il est clair que plus le temps passe et plus les gratifications versées aux dirigeants semblent se gonfler. Mais parfois sans que l’on puisse trouver à y redire lorsque la société se porte bien et que ses dirigeants lui insufflent un courant porteur.

En attendant, cette décision du conseil d’administration d’Alcatel-Lucent démontre aussi la volonté des grands responsables de prendre à bras le corps les questions de gouvernance afin de ne pas laisser le champs libre aux responsables politiques qui pourraient être tentés d’encadrer de manière plus contraignantes les décisions du conseil d’administration. Une épée de Damoclès que les membres de l’Afep et du Medef redoutent plus que tout.

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