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Air France-KLM en grande forme sur tous les fronts
Et si Air France-KLM faisait partie de la première fournée de cessions de participations de l’Etat ? Alors que le gouvernement et l’APE fourbissent actuellement leurs armes en vue d’entamer tout prochainement une première salve qui sera logiquement suivie d’autres peu de temps après, la compagnie aérienne multiplie ces dernières semaines les annonces positives. Le groupe dorénavant dirigé par Jean-Marc Janaillac vient de recevoir ce lundi le quitus de ses actionnaires réunis en AG afin d’organiser une augmentation de capital réservée à deux puissants partenaires qui ne manqueront pas d’apporter de précieuses parts de marché : l’Américain Delta Airlines et le Chinois China Eastern prennent chacun 10% du capital de la compagnie franco-néerlandaise pour un total de 750 millions d’euros. Cet accord lui permet non seulement de récupérer du cash mais aussi de renforcer son trafic sur la zone transatlantique, particulièrement rentable, tout en bénéficiant de la clientèle d’affaires asiatique basée à Shanghai.
Dans le même temps, Air France-KLM vient de publier de très bons résultats semestriels avec un profit opérationnel de 353 millions d’euros (+153 millions d’euros par rapport au 1er semestre 2016) et un trafic passager en progrès de 6,5% sur la même période.
Ces bonnes nouvelles, tout comme les avancées sur les négociations salariales avec les pilotes et celles en vue de poursuivre la création et le développement de nouvelles compagnies low-cost se traduisent déjà nettement sur le cours de Bourse. Celui-ci affiche un gain de… 151% depuis le début de l’année (+157% sur un an, + 220% sur 5 ans). Soit, de loin, la meilleure performance de l’indice SBF 120. De quoi effectivement donner des idées à ceux qui voudraient profiter à plein de ces belles performances.
A noter toutefois que l’entrée de Delta Airlines et China Eastern se traduira par la dilution des actionnaires actuels. Dans cette perspective, l’Etat verra sa participation passer de 17,6% à 14%, tout en demeurant le premier actionnaire de la compagnie. La marge de manœuvre pour conserver cette place est donc assez mince dans le cadre d’un plan de cession d’actions. Mais il ne faut pas oublier que grâce au mécanisme de droits de vote double, auquel Emmanuel Macron était très sensible lorsqu’il était à Bercy, l’APE conserve 23% des droits de vote. Et c’est là où la loi Florange démontre toute sa force. Rappelons d’ailleurs que l’Etat, voici 2 ans, avait, comme pour Renault, acquis des titres Air France-KLM peu de temps avant l’AG afin de peser davantage sur le vote de l’introduction de ces fameux droits de vote double. L’arrivée des deux partenaires permet à la manne publique de revenir quasiment à sa position initiale, ce qu’elle avait promis lors de sa montée au capital. Ce qu’elle avait également promis dans le cas de Renault. Sans que pour l’heure cette promesse ne soit tenue. Et cerise sur le gâteau : contrairement à ADP et la Française des Jeux qui nécessiteront un aménagement légal avant qu’une cession/privatisation puisse être organisée, la vente de titres Air France-KLM peut intervenir rapidement sans autre forme de procès.
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