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Le retour du triple A français changerait-t-il la donne pour le pays?
Depuis maintenant cinq ans, avec la mise en place de la régulation européenne sur les agences de notation, le calendrier de la publication des évaluations des notes souveraines est connu et publié à l'avance, afin d'éviter les mauvaises surprises pour les pays mis à l'amende. On sait donc que la première évaluation de la note française par S&P pour 2018, sera publiée ce soir vers 22H, et que la seconde revue du pays sera dévoilée le 5 octobre prochain. Or, vu le train de réformes mis en place par le gouvernement Macron, et l'annonce il y a une semaine que le déficit français était enfin repassé sous la barre des 3%, nombre d'analystes parient sur un relèvement de la note du pays, actuellement située à AA.
S'il est peu probable que la France retrouve directement son triple A, le simple relèvement de AA à AA+ (dernier stade avant le fameux sésame) constituerait tout de même une belle victoire pour la France. Rappelons que l'Hexagone avait perdu le triple A en janvier 2012 et n'avait cessé depuis de voir sa situation dégradée aux yeux des agences, qui, après avoir abaissé sa note à deux reprises (en novembre 2013), avaient ensuite révisé la perspective du pays de stable à négative (en octobre 2014 pour S&P). Ce n'est qu'en octobre 2016 que l'Hexagone avait regagné quelque crédit, avec la révision à la hausse de sa perspective (par S&P), conséquence selon l'agence de la mise en place "de réformes de la fiscalité et du code du travail" qui auraient à terme "un effet stabilisateur sur l'emploi, la croissance, la compétitivité et les finances publiques".
Or, dans sa dernière évaluation de la situation française l'an dernier, l'agence américaine avait affirmé que la note du pays pourrait être revue à la hausse "si la croissance économique continuait de se renforcer, grâce à l'amélioration de sa situation fiscale et notamment d'une réduction de son endettement" et si, contrairement à ce que l'agence prévoit, " la balance courante du pays redevenait positive, malgré l'accélération de la demande intérieure". Du point de vue de la croissance, la France coche les cases, elle dont le PIB a atteint l'an dernier 2,1%, soit son rythme le plus rapide depuis 6 ans, et alors qu'il devrait encore croître de 2% cette année. Le déficit du pays est par ailleurs repassé sous la barre des 3% en 2017, ce que l'agence devrait prendre en compte dans son évaluation, même si l'endettement a continué de croître. S&P devrait également reconnaître le travail du gouvernement pour accélérer les réformes. L'agence avait d'ailleurs averti l'an dernier que l'incapacité de l'exécutif à mettre en place les réformes structurelles nécessaires serait un critère de dégradation de la note française.
Pourtant, si la note de la France est revue à la hausse ce soir, quel en serait le véritable impact pour l'Hexagone ? Sans doute, cela participerait-il à la restauration de son image sur la scène internationale, image qui s'est déjà nettement améliorée depuis l'arrivée du nouveau gouvernement au pouvoir. Et cela aiderait donc le pays à attirer d'avantage d'investisseurs, les IDE (investissements directs étrangers) ayant déjà progressé de 17% selon les très bons chiffres publiés par Business France en début de semaine. Mais du point de vue des taux français, le relèvement de la note de l'Hexagone ne devrait pas avoir de réel impact. La France n'a d'ailleurs jamais émis aussi bas que ces trois dernières années, le dix ans français ayant atteint un plus bas en août 2016, où il avait touché 0,11%. C'est donc plutôt l'évolution de la politique monétaire et la sortie progressive du QE qui devrait influencer les taux français ces prochains mois, plutôt que la réévaluation à la hausse de sa note souveraine.
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