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Marchés actions: courage fuyons!

Les institutionnels ont massivement vendu les equities européennes ce dernier mois. Dans un mouvement d'aversion au risque, la stratégie entre fonds longs et hedge funds diffère.
Bien loin de réagir avec le sang-froid des japonais face à leur catastrophe naturelle, les institutionnels ont montré une grande fébrilité sur les marchés actions européens ces derniers mois, selon une étude d'UBS. Le pessimisme des investisseurs se manifeste tout d'abord dans les indicateurs de sentiment et les performances de marché, intimement liés. Au cours du dernier mois, l'opinion générale est passée en territoire négatif, tandis que les marchés actions ont commencé à dévisser, après le pic atteint mi-février (le CAC a perdu jusqu'à 11% depuis, avant de se redresser ces derniers jours). Emportés par une impression négative sur l'économie et l'évolution des marchés, les institutionnels sont massivement passés à la vente, réalisant les plus importantes ventes nettes d'equities depuis 6 mois, et les deuxièmes depuis janvier 2009! Plus inquiétant, ce sont bien l'ensemble des institutionnels, fonds longs comme hedge funds, qui ont mené cette fuite en avant. Suivant la logique du "too big to fail", ils ont pour la première fois de l'année acheté plus de large caps que de small ou midcaps. Signe que, par les temps qui courent, la primeur est donnée à la sécurité, au détriment parfois de la rentabilité. Dans ce contexte, tous les groupes ne subissent pas la désaffection des investisseurs avec la même force. Les télécoms continuent d'être les actifs chouchous, avec des entrées nettes de 14% de leurs capitaux, tout comme l'assurance (+7%) et la chimie (+4%) lors du dernier trimestre. Sans surprise dans l'autre sens, la disette de ce dernier mois a surtout concerné les valeurs bancaires (-8%), la construction (-10%), les biens de consommation discrétionnaire (-12%) et l'immobilier (-17%). Dieu merci, ce comportement moutonnier ne se manifeste pas sur toutes les classes d'actifs, car les stratégies d'investissement diffèrent. Les hedge funds ont ainsi préféré "shorter" et miser à la baisse les valeurs d'assurance, à l'inverse des fonds longs. Ils sont aussi sous-investis sur les banques, tandis que les fonds longs les ont privilégiées ces 3 derniers mois. En revanche, ils ont investi sur la santé et la construction, qui étaient massivement vendues par les fonds à horizon plus long. Mais alors que l'avenir apparaît plus incertain que jamais, les investisseurs ont globalement préféré acheter des valeurs défensives, délaissant les cycliques dans un mouvement d'aversion au risque. Une crainte suivie par les fonds long/short, qui ont réduit leur leverage de 2,4 fois en début d'année à 2,2 fois aujourd'hui. Si les institutionnels n'abondent plus les marchés actions européens, qui peut prendre la relève? Les investisseurs étrangers sont devenus des acheteurs nets depuis maintenant 7 mois. Autre tendance qui se dessine: les investisseurs retail ont largement investi ce segment de marché depuis le deuxième semestre 2010, soit le plus haut niveau d'achats nets depuis janvier 2001. Enfin les corporates eux-mêmes, bien pourvus en cash devraient abonder les marchés actions en 2011, via des rachats d'actions et surtout des M&A.
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