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Sur les marchés

Marchés US: et si la bulle venait des biotechs?

La biotech française Cellectis est entrée en Bourse ce mercredi dans un marché perturbé, le Nasdaq ayant perdu plus de 2%. Après deux ans de hausse régulière, ce sont désormais les biotechs qui sont montrées du doigt comme survalorisées.
bulle high yield
bulle high yield

Journée sportive pour la nouvelle venue française sur les marchés américains. Cellectis, la biotech qui développe des immunothérapies pour lutter contre le cancer, a chuté de 9% sur Euronext et de plus de 5% lors de son premier jour de cotation sur le Nasdaq, alors que l'indice a lui-même perdu 2,3%, soit sa plus forte baisse en près d'un an. Tout avait pourtant très bien commencé pour la société dirigée par André Choulika, qui grâce au succès de son placement a pu augmenter de 3,5 à 4,75 millions le nombre d'actions mises en vente. Elle a ainsi levé 197 millions de dollars, auxquels s'ajouteront près de 30 millions de dollars si l'option de surallocation est activée, pour une capitalisation boursière totale de 1,18 milliards d'euros. Malgré la contre-performance du jour, le titre a quasiment triplé depuis le début de l'année lorsqu'elle a annoncé ce projet d'IPO, et a même été multiplié par plus de 15 fois depuis fin 2013, lorsque sa thérapie CAR-T est apparue sur le devant de la scène.

Plusieurs biotechs ont profité de cet appétit pour le segment depuis deux ans, notamment Juno Therapeutics qui a gagné 52% depuis son IPO en fin d'année dernière, et Kite Pharma, en hause de 116% depuis son entrée en juin dernier. Les Et les investisseurs ont eu toutes les raisons de se frotter les mains: l'indice biotech du Nasdaq a grimpé de 240% depuis début 2012, et a ainsi surperformé de 82% celui des technologies, souvent montré du doigt comme le lieu de toutes les survalorisations. Les principales valeurs de cet indice que sont Gilead, Amgen, Biogen et Celgene, ont gagné entre 40 et 75% depuis un an, sur fond de l'amélioration des rentabilités et de nouveaux médicaments approuvés par la FDA (Food and Drug Administration).

Cette belle dynamique a été cassée ce mercredi, sans être liée à une annonce particulière. Le marché a vendu toutes les valeurs sans distinction, en mode panique. Car plusieurs voix se font entendre pour dénoncer la bulle en vigueur dans le secteur, où les valorisations ne prennent plus suffisamment en compte le profil de risque de ces start-up et la possibilité d'échec dans leurs recherches. Les biotechs sont ainsi valorisées 31,5 fois leurs profits futurs, contre 21 fois pour le Nasdaq dans son ensemble, selon FactSet.

D'autres considèrent que ce segment n'a rien à voir avec les excès des technos dans les années 2000, qui étaient valorisées plus de 100 fois leurs bénéfices. Et qu'à l'instar de l'ensemble du Nasdaq, les biotechs sont aujourd'hui des sociétés plus développées, dont les thérapies sont en cours d'approbation par la FDA. Par ailleurs, elles représentent des cibles de choix pour les laboratoires qui font face au ralentissement de leurs produits phare et ont du cash à disposition.

Cette correction des biotechs pourrait en réalité être un phénomène technique, un retour à la réalité après de nombreux mois de hausse euphorique. Les investisseurs, qui anticipent une hausse des taux par la Fed ou un ralentissement économique, pourraient rechercher des profils moins risqués et/ou plus rémunérateurs. En tout état de cause, beaucoup d'analystes recommandent d'être sélectifs et de ne garder que les titres les plus attractifs de ce segment. Reste à Cellectis à prouver sa valeur dans la cour des grands du Nasdaq.


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