Société Générale s'en sort plutôt bien malgré un nouveau litige
Faute avouée est à moitié pardonnée ? C’est un peu ce que l’on voit ce matin avec la réaction plutôt molle des marchés malgré les révélations de Société Générale sur un nouveau litige, en Libye cette fois, lequel lui coûtera 963 millions d’euros. Les transactions litigieuses ont eu lieu entre 2007 et 2009 et touché le fonds souverain Libyan Investment Authority qui conteste des transactions soupçonnées d’être entachées de pots-de-vin versés à la société d’un intermédiaire lié à la famille Kadhafi. "Société générale souhaite exprimer ses regrets quant au manque de prudence observé par certains de ses collaborateurs", écrit la banque dans un communiqué, où elle présente ses excuses à la Libye et dit espérer que le pays, en proie à des conflits internes depuis la chute du dirigeant Mouammar Kadhafi, pourra rapidement surmonter ses difficultés.
Dans l’immédiat, Société Générale a déjà provisionné 350 millions d’euros dans ses comptes du premier trimestre et assure que l’impact de ce règlement à l’amiable dans les performances annuelles est « intégralement couvert ». Il n’empêche, cette provision a pesé sur les résultats trimestriels présentés ce jeudi. La banque au logo rouge et noir annonce ainsi un profit net part du groupe en baisse de 19,2% à 747 millions d'euros.
Côté revenus, l’établissement dirigé par Frédéric Oudéa a cependant profité des mêmes éléments positifs que ceux dévoilés la veille par son concurrent BNP Paribas : un contexte redevenu favorable pour les activités de marché et le dynamisme des filiales internationales. Le PNB est donc en progrès de 4,8% à 6,47 milliards d'euros, grâce aussi au "Trump trade", cette hausse du marché obligataire, du dollar et de la Bourse, qui a suivi l'élection du président américain à la Maison Blanche. Idem pour la division qui regroupe la banque de détail à l'international, les assurances et les services financiers spécialisés qui a vu sa contribution au produit net bancaire progresser de 8,4% à 1,97 milliard d'euros et son résultat net passer de 300 à 433 millions d'euros.
A l’opposé, les mêmes causes provoquant les mêmes effets, la banque de détail en France a souffert de la persistance de taux d'intérêt historiquement bas et d'une concurrence de plus en plus exacerbée. Les revenus y ont baissé de 1,3% à 2,05 milliards d'euros et le résultat net de 2,7% à 319 millions d'euros. Elle a également lancé un vaste programme stratégique visant à transformer l’essai digital, en réduisant de 20% son réseau d’agences et en repensant sa relation client.
Pour commenter ces premiers résultats, Frédéric Oudéa s’est d’abord félicité de la qualité du modèle de banque diversifié et intégré, à l’origine de la performance des métiers opérationnels ce premier trimestre. Il s’atèle maintenant à clore les « litiges du passé » (ce qui devrait prendre encore quelques mois, a-t-il précisé) et mener à bien les chantiers relatifs à la « culture et la « conduite pour renforcer la qualité des services et la maîtrise des risques».
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