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Lire entre les lignes des comptes d'Eurazeo

La holding d'investissement a vu son résultat net tomber dans le rouge en l'absence de cession, malgré les bons résultats de ses sociétés sauf Europcar. Son modèle diversifié devrait tirer le titre à la hausse.
Le gros inconvénient d'être une holding d'investissement cotée, c'est de pâtir de la fluctuation irrationnelle des marchés, alors même que les fondamentaux de ses participations se portent bien. C'est le tribut payé par Eurazeo, qui a publié ce matin une perte nette de 97,5 millions d'euros due à moins de plus-values de cessions, en réalité à une année plus calme. L'environnement dégradé a créé un décalage avec 2010, lorsqu'il avait cédé les hôtels B&B à Carlyle pour une valorisation de 480 millions d'euros. Quelques dépréciations exceptionnelles ont également dues être passées. Le portefeuille d'Eurazeo, plus diversifié que son concurrent Wendel, se porte pourtant bien globalement. Parmi les sociétés cotées, le spin-off d'Edenred du groupe Accor et son IPO ont été un franc succès, puisque depuis juillet 2010, le groupe total a vu sa valorisation grimper de près de 30%. Rexel, dont Eurazeo a vendu 11% aux côtés de ses coactionnaires au début du mois, mise sur croissance et rentabilité en 2012. Même chose du côté d'Apcoa et Elis, qui ont placé la crise derrière eux. Le vrai choix stratégique fait par Eurazeo au lendemain de la crise a surtout été celui d'élargir son intervention aux PME, qui bénéficient d'un développement régulier et rentable et ne posent pas de problème de financement. Après un premier investissement dans Fonroche, qui a connu une croissance exponentielle avec un doublement de ses revenus l'an passé, Eurazeo a su en 2011 mettre la main et sortir de la cote OFI Private Equity, vivier de pépites comme Dessange, Léon de Bruxelles ou Gault & Frémont. Un nouvel investissement dans 3S Photonics, une ancienne filiale d'Alcatel, est également venu renforcer ce nouveau pôle l'an dernier. Le groupe emmené par Patrick Sayer a également eu le nez creux en se positionnant sur le luxe avec le rachat des doudounes Moncler, en juin dernier. Le secteur a l'avantage d'être protégé des aléas conjoncturels, si bien que la marque a vu son chiffre d'affaires grimper de près de 20% l'an passé et qu'il peut déjà se targuer d'une plus-value potentielle significative. Il en attend de même sur Foncia, repris le mois suivant à BPCE, qui doit sous la houlette de son binôme de dirigeants, lancer une campagne de communication agressive afin d'améliorer la notoriété d'une marque grand public. Pour Eurazeo, le challenge réside en réalité aujourd'hui chez Europcar, la seule ligne qui n'a pas connu de croissance l'an passé, avec Fraikin. L'actionnaire à plus de 85% vient de nommer un nouveau duo de dirigeants avec l'ancien patron de Rexel, Jean-Charles Pauze, qui vient d'en partir. Il attend un redressement de la rentabilité et du BFR dans les 12 prochains mois, qui sera indispensable pour envisager une sortie, notamment une IPO à moyen terme. Dans un marché du financement particulièrement sinistré, Eurazeo peut se targuer d'avoir les moyens de ses ambitions avec une ligne de crédit non tirée de 1 milliard d'euros. Mais les grosses acquisitions ne sont pas d'actualité, il préfère développer ses participations et enrichir la diversification de son profil. Une stratégie qui devrait être davantage appréciée des investisseurs, qui lui infligent encore une décote de 24% sur son actif net.
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