WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / Macro-économie / Politique européenne

Macro-économie / Taux
Macro-économie / Politique européenne

<span>Grèce, le début du chaos</span>

L’exaspération des dirigeants européens est à son comble alors que l’Eurogroupe d’hier n’a donné lieu à aucun accord sur la Grèce. Les banques du pays ont connu plus d'un milliard d'euros de retraits sur la seule journée de jeudi. 
Athènes - Grèce - Musée de l'Acropole
Athènes - Grèce - Musée de l'Acropole

Un Eurogroupe de plus avorté. Les négociations entre les créanciers de la Grèce et le gouvernement Tispras ont une fois encore échoué hier. Rappelons simplement que c’est la sixième réunion successive de ce type quasiment exclusivement destinée à faire avancer les pourparlers, et qu’il reste deux semaines à peine avant la deadline du 30 juin. Deadline qui a déjà été repoussée une fois. Fin février dernier en effet, au terme de trois eurogroupes infructueux les mois précédents, les partenaires européens et le premier ministre grec avaient convenu de repousser de quatre mois la fin du programme d’aide. Athènes avait donc obtenu un sursis jusque fin juin, à condition de présenter des propositions de réformes suffisantes d’ici là.

A la suite de l’Eurogroupe de mars, des discussions techniques commencent sur la base d’un document peu précis transmis par Athènes. En avril, la réunion des chefs d’Etat, qui a cette fois lieu à Riga, se solde par un échec. Mais les dirigeants européens tentent de sauver la face : « sur certains fronts, nos positions se sont rapprochées, mais sur d’autres pas du tout. Il reste trop de désaccords pour un accord. Il faut accélérer les discussions, dès ce week-end », déclare alors Pierre Moscovici. « Il s’agissait juste de faire le point », tempère de son côté Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, à la fin de la réunion des 19 ministres des finances de la zone euro. En mai, la Grèce parvient à rembourser à temps ses échéances au FMI, et le communiqué de l’Eurogroupe reste donc conciliant, saluant les progrès et efforts réalisés par le pays, tout en rappelant qu’il reste du chemin à parcourir.

Désormais, plusieurs diplomates européens ont visiblement perdu patience: à commencer par le FMI qui a annoncé la semaine dernière s’être retiré des négociations. Hier, Christine Lagarde a d’ailleurs clairement haussé le ton et bloqué toute échappatoire en déclarant que la Grèce sera en situation de défaut vis-à-vis du Fonds le 1er juillet si elle ne parvient pas à s'acquitter du remboursement dû le 30 juin. "Il n'y a pas de délai de grâce ou un report de deux mois, comme je l'ai vu ici et là" a déclaré la présidente du FMI. Si le pays ne rembourse pas ses titres au FMI le 30 juin, l'institution coupera totalement ses vivres à la Grèce.

Les ministres des Finances finlandais et irlandais ont de leur côté avoué plancher sur le "plan B" d'un défaut grec fin juin, qui pourrait provoquer un Grexit. "Il y a deux options, l'option numéro un est une extension assortie de conditionnalités" du programme de sauvetage financier de la Grèce, "l'option B pourrait être un défaut pour la Grèce", a indiqué le Finlandais Alex Stubb, dont le pays est parmi les plus intransigeants envers Athènes. Des propos qui auraient été impensables il y a quelques mois encore, quand la sortie du pays de la zone euro était totalement taboue. 

Les dirigeants européens se sont donné rendez vous lundi pour une réunion exceptionnelle sur la Grèce. "Nous souhaitions que les négociations finales se déroulent au plus haut niveau politique de l'Europe et nous travaillons maintenant au succès de ce sommet", "un développement positif", indique ce texte, manifestement destiné à rassurer face au scénario de moins en moins improbable d'un défaut de paiement de la Grèce au 30 juin. La situation pourrait cependant s'emballer d'ici lundi: hier les banques hellènes ont connu des retraits de plus d'un milliard d'euros, contraignant la BCE à tenir aujourd'hui une réunion d'urgence afin de décider ou non d'augmenter le plafond de son système de liquidité (ELA) aux institutions du pays. La BCE pourrait exiger la fermeture des banques lundi pour éviter une nouvelle journée de bank run, le temps que les dirigeants européens parviennent à un semblant d'accord. En cas d'échec lundi, c'est le système bancaire en premier qui péricliterait, accélérant le pays vers sa sortie de la zone euro.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article