La modestie de la banque verte
Les ambitions très mesurées du Crédit Agricole dans la banque d'investissement se limitent désormais à une rentabilité de 12% à l'horizon 2016, sur un périmètre très réduit.
Chat échaudé craint l'eau froide. Après l'exubérance du début des années 2000 et la douche froide de la crise née avec les subprimes et encore mal cicatrisée, les grandes banques françaises se sont faites beaucoup plus discrètes quant à leurs ambitions en matière de rentabilité.
Obnubilées par les normes édictées par Bâle II et Bâle III, les banques ne s'intéressent plus qu'à leurs ratios Tier one ! Même la mieux portante, BNP Paribas, ne claironne plus ses rendements de capitaux propres. Il faut éplucher attentivement ses dizaines de pages de communiqué de résultat pour découvrir que le ROE était de 8,9% en 2012 contre 8,8% en 2013. Et le lecteur doit calculer lui-même le rendement des métiers. Dans la banque de financement et d'investissement, il était de 18% avant impôts en 2012, pour des fonds propres alloués de 16,3 milliards d'euros.
La discrétion est encore plus grande au Crédit Agricole. Il est vrai que la banque verte a subi en 2012 une perte annuelle de 6,5 milliards d'euros, dont 478 millions dans la BFI, qui ôte tout intérêt au calcul de rendement des fonds propres.
Le nouveau patron de la BFI, Jean-Yves Hocher, remet cependant les vieux standards au goût du jour en affichant un objectif de ROE de 12% en 2016. Le chiffre peut sembler modeste comparé aux ratios de 15 à 20%, voire plus, connus dans les années flamboyantes de la banque d'investissement. Mais le Crédit Agricole, qui est bien placé pour savoir que l'exubérance peut avoir un coût très supérieur aux bénéfices dégagés dans une première phase, est aujourd'hui très raisonnable dans ses ambitions.
L'obtention d'un rendement de 12% implique d'ailleurs une réduction de 15% des coûts fixes, une accélération des sorties de portefeuilles en extinction et l'externalisation de certaines fonctions, qui pèseront sans doute dans un premier temps sur les résultats de la BFI.
Les actionnaires, qui ont beaucoup payé pour les turpitudes passées des anciens dirigeants, apprécieront sans doute ce regain de modestie. D'autant que les résultats, hors éléments exceptionnels, de la BFI atteignaient le niveau de 1,2 milliard d'euros en 2012.
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17/09/2021 - 10:31

