WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Les sauts de puce d'Intel

Le champion des microprocesseurs a réalisé des ventes et des profits supérieurs aux attentes mais néanmoins toujours en baisse.
Prudence est mère de sûreté. Malgré le frémissement qu'ils percevaient l'été dernier, les dirigeants d'Intel n'avaient que modérément relevé leurs prévisions de ventes et de résultats pour le troisième trimestre. Et ils s'attendaient toujours à un repli. S'ils ont eu raison sur ce dernier point, le recul a seulement été légèrement moins élevé qu'escompté. De sorte que les investisseurs se sont empressés de saluer une divine surprise. Plutôt que de sanctionner un chiffre d'affaires en recul de 8% et un bénéfice en retrait de 7,8%, les marchés ont applaudi, après la clôture de Wall Street, des ventes atteignant 9,4 milliards de dollars quand Intel avait prévu 9,2 milliards et les analystes 9 milliards. Pourtant, le repli demeure tangible malgré la reprise de la demande chinoise d'ordinateurs et de bonnes ventes liées à la rentrée des classes. Mais le fabricant de puces sait entretenir la flamme de ses admirateurs. En prévoyant maintenant un chiffre d'affaires de 9,7 à 10,5 milliards au quatrième trimestre quand les analystes attendent seulement 9,5 milliards, Intel signifie que la reprise du marché des PC est plus sensible que d'aucuns le pensaient. Le roi des microprocesseurs caresse encore davantage les investisseurs avec ses prouesses financières. Non seulement sa marge brute a atteint 58% au dernier trimestre alors qu'il tablait sur 53% mais encore il prévoit maintenant environ 62% au quatrième trimestre, se rapprochant du record absolu de l'an 2000. Les cassandres font toutefois remarquer que les fabricants d'ordinateurs ont regonflé leurs stocks et que la demande des derniers mois a notamment été dopée par la perspective du prochain lancement d'un nouveau système Windows par Microsoft. De quoi laisser entrevoir un possible repli des commandes dans quelques mois. Intel qui est un des champions mondiaux des rachats d'actions (67 milliards de dollars en vingt ans dont 14 milliards depuis 2006) a cependant encore de quoi séduire les investisseurs. Après avoir arrêté le programme il y a un an, il vient de le reprendre cet été. Ce qui a notamment permis de limiter à 5,7% la baisse du bénéfice par action au troisième trimestre. Mais cela ne vaut tout de même pas une franche hausse des ventes qui signifierait vraiment que la crise n'est plus qu'un mauvais souvenir.
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article